Bail non meublé : tout ce qu'il faut savoir en 2026

Bail non meublé : tout ce qu'il faut savoir en 2026

Ce que dit la loi sur le bail de location non meublée

La location vide, c'est pas le far west. Tout est encadré, et c'est tant mieux pour tout le monde.

Le contrat de bail non meublé repose sur un socle juridique solide : la loi du 6 juillet 1989. C'est elle qui fixe les règles du jeu entre propriétaire et locataire : durée, loyer, droits, obligations. Depuis la loi Alur de 2014, un contrat-type réglementaire est obligatoire. Il est en vigueur depuis 2015 et s'impose à tous les bailleurs.

Le bail vide concerne principalement les logements loués en résidence principale. Il protège les deux parties : le locataire contre les abus, le bailleur contre le flou juridique. Un contrat bien rédigé, c'est moins de litiges et plus de sérénité.

Le contrat-type, c'est obligatoire

Le modèle de contrat-type est défini par décret (décret du 29 mai 2015). Utiliser un autre format expose le bailleur à des risques juridiques réels. Pas la peine de réinventer la roue : le modèle officiel couvre tout ce qu'il faut.

La loi du 6 juillet 1989 : socle juridique du contrat de location vide

Tout part de là. La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 est le texte de référence qui encadre la location vide en France. Son objectif ? Équilibrer les droits et obligations entre propriétaire et locataire, parce qu'une relation locative saine, ça se construit sur des bases claires.

Ce que cette loi impose concrètement :

  • Un bail écrit, signé en double exemplaire par les deux parties (un bail verbal, c'est non)
  • Des mentions obligatoires précises dans le contrat (loyer, durée, surface, identité des parties...)
  • Une durée minimale de 3 ans pour un bailleur particulier (article 10)
  • Le respect de droits fondamentaux pour le locataire, auxquels on ne peut pas déroger

La loi a été renforcée par la loi ALUR de 2014, qui a notamment introduit le contrat type réglementaire. Résultat : aujourd'hui, tous les baux de location vide doivent respecter le même modèle. Pas de place pour l'improvisation.

Logement décent : les critères obligatoires à respecter

Pour signer un contrat de location vide valide, le logement doit d'abord être décent. C'est la loi du 6 juillet 1989 qui le dit, et le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 qui précise les critères. Pas de décence, pas de bail légal - c'est aussi simple que ça.

Concrètement, le logement doit respecter ces conditions :

Critère Exigence minimale
Surface habitable 9 m² minimum, hauteur sous plafond ≥ 2,20 m
Étanchéité Toiture, murs et menuiseries protègent des infiltrations
Installations électriques et gaz Conformes, sans risque pour la sécurité
Chauffage Système fonctionnel obligatoire
Eau potable Alimentation en eau courante avec pression suffisante
Évacuation des eaux usées Sans risque de refoulement
Éclairage naturel Obligatoire dans les pièces principales
Absence de nuisibles Pas d'infestations de rongeurs ou d'insectes

Un logement qui ne coche pas toutes ces cases ? Le locataire peut exiger des travaux, voire saisir le tribunal. Et toi, en tant que bailleur, tu t'exposes à des sanctions sérieuses.

Logement indécent = bail attaquable

Un logement qui ne respecte pas les critères de décence expose le bailleur à des sanctions sérieuses. Le locataire est en droit d'exiger des travaux ou de saisir le tribunal, même après la signature du bail.

Champ d'application : quels logements sont concernés par le bail non meublé ?

La loi du 6 juillet 1989 ne s'applique pas à tous les logements. Voici ce qui entre dans le champ du bail non meublé :

  • Résidence principale du locataire : c'est la condition numéro un. Le logement loué vide doit être occupé à titre de résidence principale, c'est-à-dire au moins 8 mois par an.
  • Usage d'habitation exclusif : un local mixte (habitation + professionnel) peut aussi être concerné, sous conditions.
  • Logements exclus : les locations saisonnières, les résidences secondaires, les logements de fonction et les locations meublées suivent d'autres règles.

Le contrat doit respecter le modèle réglementaire fixé par le décret du 29 mai 2015, et être signé en autant d'exemplaires que de parties : locataire, bailleur, et caution si elle existe.

Bref : si tu loues un appartement vide comme résidence principale, tu es en plein dedans.

Les mentions obligatoires du contrat de bail non meublé

Un bail non meublé, ça ne s'improvise pas. Le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 impose un contrat type avec des mentions précises : oublie une seule, et tu t'exposes à des litiges évitables. Voici ce qui doit obligatoirement figurer dans ton contrat de location vide.

Catégorie Mentions obligatoires
Les parties Nom, prénom, adresse du bailleur - nom, prénom du locataire - coordonnées du mandataire si agence
Le logement Adresse complète, type (appartement, maison...), surface habitable loi Carrez, régime juridique (copropriété ou non), période de construction
Loyer & charges Montant du loyer, modalités de révision (IRL), montant des charges et mode de récupération, dépôt de garantie (1 mois max)
Durée & prise d'effet Date de prise d'effet, durée du bail (3 ans en général), date de signature
Travaux Travaux réalisés depuis le dernier bail, montant et nature des améliorations

Informations sur les parties (bailleur et locataire)

Le contrat doit identifier clairement chaque partie. Pour le bailleur : nom, prénom, adresse. Pour le locataire : nom, prénom. Si un mandataire gère le bien (agence, administrateur de biens), ses coordonnées complètes et son numéro de carte professionnelle doivent aussi apparaître. En cas de colocation, tous les locataires sont mentionnés. Rien de compliqué, mais rien à oublier non plus.

Premier réflexe à avoir avant même de rédiger le contrat : identifier clairement qui signe quoi. Le bail doit mentionner les coordonnées complètes de chaque partie.

Du côté du bailleur, il faut indiquer :

  • Nom, prénom (ou raison sociale si c'est une société)
  • Adresse du domicile ou du siège social
  • Si un mandataire gère le bien (agence, administrateur de biens) : ses coordonnées et le numéro de sa carte professionnelle

Du côté du locataire, même logique :

  • Nom et prénom de chaque occupant signataire
  • Adresse actuelle avant l'entrée dans les lieux

Un exemplaire signé du bail doit être remis à chaque partie : bailleur, locataire, et garant s'il y en a un. C'est une obligation légale, pas une option.

Colocation : pensez à tous les nommer

Si plusieurs locataires signent ensemble (colocation), tous doivent figurer nominativement dans le contrat. Un oubli ici peut fragiliser la solidarité entre colocataires en cas d'impayé.

Informations sur le logement (surface, adresse, équipements)

Adresse complète, surface habitable, nombre de pièces, équipements collectifs et privatifs : tout ça doit figurer noir sur blanc dans le contrat. Pas pour faire joli : c'est obligatoire.

La surface habitable mérite une attention particulière. Si elle est absente ou erronée, le locataire peut t'envoyer une mise en demeure dans le mois suivant l'entrée dans les lieux. Tu as alors un mois pour corriger. Sans réponse de ta part, il peut saisir le tribunal dans les 3 mois.

Ce que le bail doit mentionner sur le logement :

  • Adresse complète du bien
  • Surface habitable en m² (loi Boutin)
  • Nombre de pièces et leur nature
  • Équipements privatifs (cave, parking, digicode...)
  • Équipements collectifs (ascenseur, gardien, espaces verts...)
  • Nature du chauffage (individuel ou collectif)

Surface erronée : le locataire peut agir

Si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle indiquée dans le bail, le locataire peut demander une réduction de loyer. Et si le bail ne mentionne pas la surface du tout, il dispose d'un mois après l'entrée dans les lieux pour envoyer une mise en demeure. Sois précis dès le départ.

Sois précis. Un bail flou, c'est un litige qui se prépare.

Loyer, charges et dépôt de garantie : ce qui doit figurer dans le bail

Loyer, charges, dépôt de garantie : trois points qui cristallisent la majorité des litiges locatifs. Autant les cadrer dès le départ.

Le montant du loyer mensuel, les modalités de révision (basées sur l'Indice de Référence des Loyers publié par l'INSEE), le montant des charges et leur mode de récupération (forfait ou provision sur charges) : tout ça doit être noir sur blanc. Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour une location vide. Au-delà, c'est illégal.

Le loyer, c'est le montant mensuel hors charges, la date d'exigibilité, et les modalités de paiement. Si le logement est en zone d'encadrement des loyers, le bail doit aussi mentionner le loyer de référence et l'éventuel complément de loyer justifié.

Les charges : le bail précise s'il s'agit de charges réelles (au réel) ou de provisions sur charges avec régularisation annuelle. Le montant des dernières charges connues doit figurer dans le contrat.

Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges en location vide, pas un centime de plus. Il couvre les éventuels impayés ou dégradations.

Petit rappel utile : le bail doit aussi inclure une clause résolutoire, qui permet de résilier le contrat si le locataire ne verse pas le dépôt de garantie ou ne paie pas son loyer. Ça protège tout le monde, bailleur comme locataire.

Zone d'encadrement des loyers : une mention obligatoire

Si ton logement est situé dans une zone d'encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux...), le bail doit impérativement mentionner le loyer de référence majoré en vigueur. Son absence peut exposer le bailleur à une demande de diminution de loyer par le locataire.

Frais d'agence immobilière : règles de répartition entre bailleur et locataire

Quand une agence est dans la boucle, les frais se partagent, mais pas n'importe comment. La loi Alur encadre ça strictement.

Ce que le locataire peut payer, c'est plafonné selon la zone :

Zone Plafond (€/m²)
Zone très tendue (Paris et communes limitrophes) 12 €/m²
Zone tendue 10 €/m²
Reste du territoire 8 €/m²

Et uniquement pour quatre prestations précises : visite du logement, constitution du dossier, rédaction du bail, état des lieux d'entrée.

Ce que le bailleur paye, lui, c'est tout le reste, sans plafond. La mise en location, la recherche de locataire, la publication de l'annonce : ça lui revient intégralement.

Le locataire ne peut jamais payer plus que le bailleur

C'est une règle absolue posée par la loi Alur : la part des frais d'agence facturée au locataire ne peut pas dépasser celle facturée au bailleur. Si l'agence te facture davantage, c'est illégal. Tu peux contester, et tu as raison de le faire.

Durée du bail non meublé : règles légales et cas particuliers

La durée d'un bail de location vide, c'est pas au feeling : c'est fixé par la loi. Et selon le profil du bailleur, les règles changent.

Profil du bailleur Durée minimale Renouvellement
Particulier 3 ans Tacite reconduction (3 ans)
Personne morale (SCI, société...) 6 ans Tacite reconduction (6 ans)
Courte durée (motif légitime) 1 an minimum Non renouvelable

Bail étudiant non meublé : l'erreur à ne pas faire

Un bail non meublé de 8 ou 9 mois n'a aucune valeur légale, même si les deux parties sont d'accord. Le bail étudiant de 9 mois n'existe qu'en meublé. En location vide, la durée de 3 ans s'applique sans exception.

Durée standard de 3 ans pour un bailleur particulier

Pour un bailleur particulier, c'est 3 ans minimum - pas de négociation possible. C'est la loi du 6 juillet 1989 qui fixe ça, et elle est claire.

Ce que ça implique concrètement :

  • Tu ne peux pas donner congé avant l'échéance. Même si tu veux vendre ou récupérer le logement, tu attends les 3 ans.
  • Le locataire, lui, peut partir quand il veut. La durée s'impose au bailleur, pas au locataire. Il respecte juste son préavis, et c'est tout.
  • Rien ne t'empêche de signer pour plus longtemps. 3 ans, c'est un minimum. Un bail de 4 ou 5 ans est tout à fait valable.

À l'échéance, pas besoin de signer un nouveau contrat : le bail se reconduit automatiquement pour 3 ans supplémentaires, sauf congé donné dans les formes et délais légaux.

Durée de 6 ans pour un bailleur personne morale

Quand le propriétaire est une société, une SCI ou toute autre structure juridique, les règles changent du tout au tout. La durée minimale passe à 6 ans, soit le double d'un bailleur particulier.

C'est l'article 10 de la loi du 6 juillet 1989 qui l'impose. L'idée derrière : une personne morale a moins de raisons personnelles de récupérer son bien, donc le locataire bénéficie d'une protection renforcée.

Ce que ça change concrètement :

  • 6 ans minimum de stabilité pour le locataire
  • Renouvellement automatique par tacite reconduction à l'échéance
  • Congé plus encadré : les motifs légaux restent les mêmes, mais le délai est plus long à attendre

Un point à ne pas rater : si tu loues via une SCI familiale, tu es quand même considéré comme une personne morale. Le bail 6 ans s'applique, sans exception.

SCI familiale : même règle que les sociétés

Même si ta SCI est constituée uniquement de membres de ta famille, elle reste une personne morale aux yeux de la loi. Le bail de 6 ans s'applique obligatoirement, sans dérogation possible.

Bail étudiant non meublé : durée de 9 mois sans tacite reconduction

Mauvaise nouvelle pour les bailleurs qui espèrent louer leur logement vide à un étudiant juste pour l'année universitaire : c'est impossible. La loi du 6 juillet 1989 ne prévoit aucune exception pour les étudiants en location non meublée. Même si les deux parties sont d'accord au moment de signer, un bail de 8 ou 9 mois en location vide n'a aucune valeur légale.

Pourquoi ? Logique : en location vide, le locataire arrive avec ses meubles, son déménagement, ses frais d'installation. La durée de 3 ans lui permet d'amortir tout ça sereinement.

Le bail étudiant de 9 mois, lui, existe, mais uniquement en meublé. C'est un contrat spécifique, sans tacite reconduction, prévu par la loi pour les locations meublées courte durée.

Tu veux louer à un étudiant en non meublé ? Le bail de 3 ans s'applique, point.

Bail de courte durée en location vide : dans quels cas est-il autorisé ?

En location vide, la règle des 3 ans est quasi intouchable. Mais il existe une exception - et une seule.

L'article 11 de la loi du 6 juillet 1989 autorise un bail de courte durée (inférieur à 3 ans, mais jamais en dessous de 1 an) dans un cas précis : le bailleur a un motif légitime et sérieux de récupérer son logement à une date déterminée. Déménagement professionnel prévu, retour d'expatriation, reprise pour un proche... Le motif doit être réel et mentionné explicitement dans le contrat dès la signature.

Ce qu'il faut retenir :

  • Le motif doit figurer dans le bail, noir sur blanc
  • Le bailleur doit confirmer l'événement 2 mois avant le terme
  • Si le motif ne se réalise pas, le bail se transforme automatiquement en bail classique de 3 ans

Pas de motif valable ? Pas de bail court. C'est aussi simple que ça.

Renouvellement automatique et tacite reconduction du bail

Bonne nouvelle : à l'échéance du bail, tu n'as rien à faire. Ni nouveau contrat à signer, ni courrier à envoyer. Si personne ne bouge, le bail se reconduit automatiquement : c'est ce qu'on appelle la tacite reconduction.

Concrètement :

  • Bailleur particulier : reconduction pour 3 ans supplémentaires
  • Bailleur personne morale : reconduction pour 6 ans supplémentaires

Le loyer reste le même (sauf révision annuelle prévue au contrat), les conditions ne changent pas. Le bail initial continue, tout simplement.

La seule façon de sortir de cette logique automatique, c'est de donner congé dans les délais légaux : soit 6 mois avant l'échéance pour le bailleur, 3 mois pour le locataire (1 mois en zone tendue). On y revient en détail dans la section sur la résiliation.

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Clauses du bail de location vide : obligatoires, facultatives et abusives

Le contrat de location vide, c'est un peu comme un iceberg : il y a ce qui est visible (les grandes lignes), et tout ce qui se cache en dessous. Certaines clauses sont imposées par la loi, d'autres sont négociables, et certaines sont carrément interdites, même si les deux parties les signent.

Connaître la différence, c'est éviter les mauvaises surprises en cours de bail.

Les clauses obligatoires à insérer dans tout contrat de location non meublée

Le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 fixe le contrat type de location vide. Pas question d'improviser : certaines clauses sont non négociables.

Ce qui doit obligatoirement figurer dans ton bail :

  • Identité des parties : nom, prénom, adresse du bailleur et du locataire (ou du mandataire si agence)
  • Description du logement : adresse, surface habitable, type de bien, étage, équipements collectifs
  • Date de prise d'effet et durée du bail
  • Montant du loyer, mode et date de paiement, modalités de révision
  • Montant du dépôt de garantie (plafonné à 1 mois de loyer hors charges)
  • Destination des locaux : usage exclusivement d'habitation principale
  • Références du précédent loyer si le logement a déjà été loué dans les 18 derniers mois

Une clause manquante ne rend pas forcément le bail nul, mais ça peut créer des litiges bien évitables. Autant faire les choses proprement dès le départ.

Ce que dit la loi

La loi du 6 juillet 1989 et le décret du 29 mai 2015 imposent un contrat type de location vide. Ces textes définissent les mentions obligatoires, les clauses interdites et les règles de révision du loyer. Tout bail de location vide doit s'y conformer, sans exception.

Les clauses facultatives que bailleur et locataire peuvent négocier

Tout n'est pas gravé dans le marbre. En dehors des mentions imposées par la loi, bailleur et locataire peuvent s'entendre librement sur des clauses complémentaires, à condition qu'elles ne soient pas abusives (on y revient juste après).

Ce que tu peux librement négocier et ajouter au contrat :

  • Animaux de compagnie : autorisation ou interdiction explicite (sauf pour les chiens d'assistance, toujours autorisés)
  • Travaux d'aménagement : conditions dans lesquelles le locataire peut peindre, poser des étagères, etc.
  • Sous-location : interdite par défaut, mais le bailleur peut l'autoriser par écrit
  • Résidence principale : clause confirmant que le logement est occupé à titre de résidence principale
  • Assurance habitation : rappel de l'obligation et fréquence de fourniture de l'attestation
  • Entretien du jardin ou des parties privatives : répartition des tâches si le logement dispose d'espaces extérieurs

La règle d'or : chaque clause ajoutée doit être acceptée par les deux parties et rester dans les clous de la loi du 6 juillet 1989. Un accord oral ne vaut rien - si c'est négocié, c'est écrit.

Bon réflexe avant signature

Toute clause particulière ajoutée au contrat doit être relue attentivement par les deux parties. En cas de doute sur sa légalité, une consultation auprès d'un professionnel ou de l'ADIL (Agence Départementale d'Information sur le Logement) permet d'éviter les mauvaises surprises.

Les clauses abusives interdites par la loi

Même si un bailleur les glisse dans le contrat et que le locataire les signe sans broncher, certaines clauses sont automatiquement nulles. La loi les appelle "clauses réputées non écrites" : autrement dit, elles n'existent pas juridiquement, point.

Voici les plus courantes à repérer :

  • Obliger le locataire à souscrire une assurance auprès d'un assureur imposé par le bailleur
  • Interdire au locataire de recevoir des proches ou d'héberger des personnes
  • Facturer des frais de relance ou de mise en demeure en cas d'impayé
  • Imposer le prélèvement automatique comme seul mode de paiement du loyer
  • Prévoir une clause résolutoire pour un motif non prévu par la loi
  • Interdire au locataire d'exercer une activité politique, syndicale ou associative
  • Mettre à sa charge des réparations qui incombent normalement au bailleur

Clause abusive dans ton bail ?

Ces clauses sont illégales depuis la loi ALUR du 27 mars 2014, qu'elles figurent dans un bail signé avant ou après cette date (pour les renouvellements et reconductions). Si tu en repères une dans ton contrat, tu n'as pas à la respecter. Tu peux saisir la Commission départementale de conciliation sans attendre.

Lis ton bail en entier avant de signer. Oui, c'est long. Mais c'est bien moins long qu'un litige.

Clause résolutoire : conditions et effets sur le bail d'habitation

Elle peut figurer dans n'importe quel bail de location vide, et c'est souvent une bonne idée de l'y mettre.

La clause résolutoire autorise le bailleur à demander la résiliation judiciaire du contrat si le locataire manque à ses obligations. Les cas visés sont précis :

  • loyers ou charges impayés
  • défaut d'assurance habitation
  • troubles de voisinage constatés par décision de justice
  • dépôt de garantie non versé

Mais attention : la clause ne s'active pas automatiquement. Le bailleur doit d'abord envoyer un commandement de payer par huissier. Le locataire dispose ensuite d'un délai de 2 mois pour régulariser la situation. Si rien ne bouge, le juge peut prononcer la résiliation du bail.

Pas de commandement = pas de résiliation. La procédure est encadrée, et c'est tant mieux pour tout le monde.

Procédure en 3 étapes

  1. Le bailleur envoie un commandement de payer par huissier.
  2. Le locataire dispose de 2 mois pour régulariser sa situation.
  3. Sans régularisation, le juge peut prononcer la résiliation du bail. Sans commandement préalable, aucune résiliation ne peut être prononcée.

Les documents annexes obligatoires au contrat de bail non meublé

Signer un bail, c'est bien. Joindre les bons documents, c'est obligatoire. Sans les annexes réglementaires, le contrat est incomplet, et ça peut te coûter cher, que tu sois bailleur ou locataire.

Voici ce que tu dois impérativement glisser dans le dossier avant la signature :

Document Qui est concerné Obligatoire ?
Diagnostic de performance énergétique (DPE) Bailleur Oui
État des lieux d'entrée Bailleur + locataire Oui
Notice d'information légale Bailleur Oui
Diagnostic amiante (avant 1997) Bailleur Oui
Diagnostic plomb - CREP (avant 1949) Bailleur Oui
État des risques et pollutions (ERP) Bailleur Oui
Diagnostic bruit (zones exposées) Bailleur Oui
Grille de vétusté Bailleur + locataire Facultatif mais recommandé

Tous ces documents sont encadrés par la loi du 6 juillet 1989 et ses décrets d'application. Un DPE manquant, un état des lieux bâclé : c'est le litige assuré à la sortie.

Un document manquant peut fragiliser tout le bail

Un DDT incomplet expose le bailleur à des recours du locataire, voire à la nullité de certaines clauses du contrat. Chaque diagnostic doit être réalisé par un professionnel certifié et joint au contrat avant la signature.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE)

Obligatoire depuis 2006, il doit être annexé au contrat de location vide dès la signature. Sans lui, tu t'exposes à des recours du locataire, et ça peut faire mal.

Le DPE indique la classe énergétique du logement (de A à G) et sa consommation estimée. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location. Les F suivront en 2028, les E en 2034. Autant dire que si ton bien est énergivore, mieux vaut anticiper les travaux maintenant.

Ce qu'il doit mentionner :

  • La classe de performance énergétique (lettre + couleur)
  • L'estimation des consommations annuelles
  • Les émissions de gaz à effet de serre

Le DPE doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié. Sa durée de validité est de 10 ans. Sauf si tu as fait des travaux entre-temps, auquel cas il faut le refaire.

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L'état des lieux d'entrée et de sortie

Obligatoire à l'entrée et à la sortie, il protège les deux parties en cas de litige sur les dégradations. Sans état des lieux d'entrée, le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état, difficile de contester ensuite.

Quelques règles à retenir :

  • Il doit être établi contradictoirement (bailleur et locataire présents, ou représentés)
  • Il doit être joint au contrat de location vide dès la remise des clés
  • En cas de désaccord, un huissier peut intervenir : les frais sont alors partagés
  • Interdiction formelle d'imposer la facturation de l'état des lieux de sortie au locataire

Un état des lieux bâclé ou absent, c'est la porte ouverte aux conflits sur le dépôt de garantie. Prends le temps de le faire bien, et pense à t'appuyer sur une grille de vétusté pour objectiver l'usure normale.

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La notice d'information légale remise au locataire

Souvent oubliée, pourtant obligatoire. La notice d'information sur les droits et obligations des bailleurs et locataires doit être annexée à tout contrat de location vide lors de sa signature.

Elle est définie par un arrêté du 29 mai 2015 et couvre les points essentiels :

  • les droits et devoirs du locataire pendant la location
  • les droits et devoirs du bailleur (entretien, travaux, accès au logement)
  • les recours disponibles en cas de litige entre les deux parties

Concrètement, c'est le document qui explique au locataire ce qu'il peut faire, ce qu'il ne peut pas faire, et comment régler un désaccord sans passer directement par la case tribunal.

Tu la trouves facilement sur le site officiel service-public.fr. Pas d'excuse pour l'oublier.

Les autres diagnostics techniques à joindre au dossier

Au-delà du DPE, la loi impose un vrai dossier de diagnostics techniques (DDT) à annexer à tout contrat de location vide. Oublie un seul document, et tu t'exposes à des recours.

Voici ce que le DDT doit contenir :

  • Constat de risque d'exposition au plomb (CREP) : obligatoire pour les logements construits avant le 1er janvier 1949
  • État des risques et pollutions (ERP) : requis dans les zones couvertes par un plan de prévention des risques (inondation, séisme, radon...)
  • Diagnostic amiante : pour les immeubles dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997
  • État de l'installation intérieure de gaz : si l'installation a plus de 15 ans
  • État de l'installation intérieure d'électricité : même règle, 15 ans ou plus
  • Diagnostic bruit : dans les zones exposées au bruit des aéroports (plan d'exposition au bruit)

Tous ces diagnostics doivent être réalisés par un professionnel certifié. Un DDT incomplet, c'est un bail fragilisé.

Encadrement des loyers : zones tendues et plafonds applicables

Ton loyer est-il vraiment légal ? Dans certaines villes, la réponse n'est pas si évidente. L'encadrement des loyers s'applique dans les zones tendues, là où la demande écrase l'offre, et impose un plafond à ne pas dépasser. Pas une suggestion, une obligation légale.

Le principe : chaque logement se voit attribuer un loyer de référence fixé par arrêté préfectoral, calculé selon la localisation, la surface, l'époque de construction et le type de bail (meublé ou vide). Tu peux dépasser ce plafond uniquement si tu justifies d'un complément de loyer, et encore, sous conditions strictes.

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Villes soumises à l'encadrement des loyers (Paris, Lyon, Bordeaux, Lille…)

Pas toutes les villes, mais beaucoup plus que tu ne le crois. Voici les communes actuellement soumises à l'encadrement des loyers :

  • Paris (depuis 2019, réintroduit après annulation judiciaire)
  • Lille, Hellemmes et Lomme (depuis 2020)
  • Plaine Commune : Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen... (depuis 2021)
  • Lyon et Villeurbanne (depuis 2021)
  • Est Ensemble : Montreuil, Bagnolet, Bobigny... (depuis 2021)
  • Bordeaux (depuis 2022)
  • Montpellier (depuis 2022)
  • Paris Ouest La Défense (depuis 2023)

D'autres territoires ont déposé une demande d'expérimentation : la liste s'allonge chaque année. Si ton logement est dans une de ces zones, l'encadrement s'applique automatiquement, que tu le saches ou non. L'ignorance ne protège pas des sanctions.

Toutes les zones tendues ne sont pas soumises à l'encadrement. Deux dispositifs coexistent :

  • L'encadrement à la relocation (article 18 de la loi du 6 juillet 1989) : s'applique dans l'ensemble des zones tendues. Entre deux locataires, le loyer ne peut pas être augmenté librement.
  • L'encadrement strict du niveau de loyer : mis en place ville par ville, sur décision locale. Actuellement actif à Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier, et quelques autres communes.

Si tu loues dans l'une de ces villes, le loyer de référence majoré est ton plafond absolu.

Carte des villes françaises soumises à l'encadrement des loyers

Loyer de référence et complément de loyer : comment les calculer ?

Deux notions à bien distinguer pour ne pas te planter.

Le loyer de référence est fixé par arrêté préfectoral. Il varie selon la ville, le type de logement (vide ou meublé), le nombre de pièces et l'époque de construction. C'est la base légale à ne pas dépasser.

Le loyer de référence majoré correspond au loyer de référence + 20 %. C'est le plafond absolu. Ton loyer ne peut pas le dépasser, point.

Le complément de loyer, lui, est une exception. Tu peux l'appliquer si le logement présente des caractéristiques exceptionnelles : vue imprenable, terrasse XXL, prestations haut de gamme, qui justifient objectivement un dépassement. Mais attention : il doit être mentionné dans le bail, justifié, et il peut être contesté par le locataire dans les 3 mois suivant la signature.

Le loyer de référence est exprimé en euros par m² de surface habitable. Il varie selon :

  • le secteur géographique (arrondissement, quartier)
  • l'époque de construction du bâtiment
  • le nombre de pièces
  • le type de location (vide ou meublée)
Notion Définition Plafond
Loyer de référence Fixé par arrêté préfectoral (€/m²) Base légale
Loyer de référence majoré Loyer de référence + 20 % Plafond absolu
Complément de loyer Exception pour caractéristiques exceptionnelles Doit être justifié dans le bail, contestable sous 3 mois

Sanctions encourues en cas de dépassement du plafond légal

Dépasser le plafond, c'est risqué. Et pas juste un peu.

Si ton loyer est illégal, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation (CDC), puis le tribunal judiciaire. Le juge peut alors forcer la baisse du loyer au niveau du loyer de référence majoré, et ordonner le remboursement des trop-perçus depuis le début du bail.

Côté sanctions directes :

  • Amende jusqu'à 5 000 € pour un bailleur particulier
  • Amende jusqu'à 15 000 € pour une personne morale (SCI, société...)
  • Remboursement rétroactif des loyers indûment perçus

Le locataire a 5 ans pour agir à compter de la signature du bail. Autant dire que le risque ne disparaît pas vite.

Le risque ne s'efface pas avec le temps

Le locataire dispose de 5 ans à compter de la signature du bail pour contester un loyer illégal. Un dépassement du plafond aujourd'hui peut donc te coûter cher plusieurs années après la mise en location.

Bail non meublé vs bail meublé : quelles différences choisir ?

Vide ou meublé ? La question revient à chaque fois qu'on met un bien sur le marché, ou qu'on cherche où poser ses cartons. Et la réponse dépend vraiment de ton profil. Voici un comparatif clair pour trancher sans se prendre la tête.

Critère Bail non meublé Bail meublé
Durée standard 3 ans (particulier) 1 an
Durée bail étudiant Pas de bail étudiant (3 ans) 9 mois
Préavis locataire 3 mois (1 mois en zone tendue) 1 mois
Préavis bailleur 6 mois 3 mois
Dépôt de garantie 1 mois de loyer HC 2 mois de loyer HC
Régime fiscal bailleur Revenus fonciers (nu) LMNP / LMP (BIC)
Stabilité locative Élevée Faible à moyenne
Turnover Faible Élevé
Loyer pratiqué Légèrement inférieur Légèrement supérieur

En résumé : le bail vide attire des locataires qui s'installent dans la durée. Le bail meublé offre plus de flexibilité, mais aussi plus de rotation, et donc plus de gestion. À toi de voir ce qui colle le mieux à ta situation.

Vide ou meublé : le bon réflexe avant de décider

La fiscalité du meublé (régime BIC avec amortissement) est souvent plus avantageuse sur le papier - mais elle dépend de ta situation personnelle. Un échange avec un comptable avant de choisir ton type de bail peut te faire économiser plusieurs centaines d'euros par an.

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Durée du bail, préavis et stabilité locative comparés

Côté durée, la différence est nette. En location vide, le bail court sur 3 ans minimum pour un bailleur particulier. En meublé, c'est 1 an, ou 9 mois pour un étudiant. Concrètement, ça change tout pour la stabilité locative.

  • Location vide : le locataire reste en place plus longtemps, le turnover est faible. Idéal si tu veux une gestion tranquille sur la durée.
  • Location meublée : plus de flexibilité, mais plus de rotation. Tu peux récupérer ton bien plus vite, mais tu gères plus souvent les entrées/sorties.

Côté préavis, même logique inversée : le locataire en vide doit prévenir 3 mois à l'avance (1 mois en zone tendue), contre 1 mois en meublé. Pour le bailleur, le délai de congé est de 6 mois en location vide et 3 mois en meublé.

Résumé rapide : vide = stabilité. Meublé = souplesse.

Dépôt de garantie : 1 mois en vide contre 2 mois en meublé

En location vide, le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges. En meublé, ce plafond monte à 2 mois. C'est la loi du 6 juillet 1989 qui fixe ça, pas de marge de négociation possible.

Concrètement, pour un loyer de 700 € :

  • Location vide : 700 € max en dépôt
  • Location meublée : 1 400 € max en dépôt

Pour le locataire, c'est un argument de poids. Moins d'argent immobilisé à l'entrée, c'est plus de souplesse pour bouger. Pour le bailleur, le meublé offre une meilleure couverture en cas de dégradations, car les meubles, ça s'abîme.

Et côté restitution, les délais sont identiques : 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme, 2 mois s'il y a des réserves. Vide ou meublé, là-dessus, même règle.

Restitution du dépôt de garantie

Que le logement soit vide ou meublé, le bailleur dispose de 1 mois pour restituer le dépôt si l'état des lieux de sortie est conforme, et de 2 mois en cas de réserves. Tout dépassement peut donner lieu à une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard.

Fiscalité du bailleur : régimes d'imposition selon le type de location

Là, ça change vraiment la donne selon le type de bail choisi.

En location vide, les loyers perçus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Deux options :

  • Régime micro-foncier : abattement forfaitaire de 30 %, accessible si tes revenus locatifs ne dépassent pas 15 000 € par an
  • Régime réel : tu déduis les charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, assurances...), souvent plus avantageux si tes charges sont élevées

En location meublée, on bascule sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Et là, le régime réel devient franchement intéressant grâce à l'amortissement du bien, un avantage fiscal que la location vide ne permet pas.

  • Micro-BIC : abattement de 50 % jusqu'à 77 700 € de recettes
  • Réel BIC : amortissement du mobilier et du bien, charges déductibles

Résultat : la fiscalité penche souvent en faveur du meublé sur le papier. Mais ça dépend de ta situation. Un coup d'oeil avec un comptable avant de trancher, c'est jamais du temps perdu.

Quel bail choisir selon ton profil de bailleur ou de locataire ?

Pas de réponse universelle : ça dépend vraiment de ta situation.

Tu es bailleur ?

  • Tu veux de la stabilité et moins de turnover → location vide. Ton locataire reste en moyenne bien plus longtemps.
  • Tu veux maximiser la rentabilité et garder de la flexibilité → meublé. Loyers plus élevés, récupération du logement plus rapide.
  • Tu es une SCI ou une société → la location vide s'impose souvent, avec un bail de 6 ans minimum.

Tu es locataire ?

  • Tu t'installes durablement, tu as tes meubles → location vide. Préavis réduit à 1 mois en zone tendue si tu dois partir vite.
  • Tu arrives dans une nouvelle ville, tu veux tester → meublé. Moins d'engagement, plus de souplesse.

L'essentiel : choisis selon ton projet de vie, pas selon une idée reçue. Et si tu hésites encore, on a les outils pour t'aider à trancher.

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Résiliation et congé du bail de location non meublée

Mettre fin à un bail de location vide, ça ne s'improvise pas. Délais, motifs, formes légales... chaque détail compte. Une erreur, et c'est la procédure qui part en vrille, pour le bailleur comme pour le locataire.

La bonne nouvelle : les règles sont claires. Il suffit de les connaître.

Illustration résiliation bail location vide - lettre recommandée et clés de logement

Préavis du locataire : 3 mois en zone normale, 1 mois en zone tendue

En tant que locataire, tu peux donner congé à tout moment, sans avoir à te justifier. La seule règle : respecter le délai de préavis.

3 mois dans la grande majorité des cas. C'est la règle de base pour un bail de location vide.

1 mois si ton logement est en zone tendue, et ça change tout. Les 28 agglomérations concernées incluent Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille... (article 12 de la loi du 6 juillet 1989).

Hors zone tendue, le préavis réduit à 1 mois reste possible dans certaines situations :

  • Mutation professionnelle ou perte d'emploi
  • Premier emploi ou nouvel emploi après perte d'emploi
  • État de santé justifiant un changement de logement
  • Attribution d'un logement social
  • Bénéficiaire du RSA ou de l'AAH

Le préavis commence à courir à la date de réception de ta lettre de congé, pas à la date d'envoi. Lettre recommandée avec accusé de réception, acte d'huissier ou remise en main propre : à toi de choisir, mais garde une preuve.

Le préavis court à la réception, pas à l'envoi

Si tu envoies ta lettre le 1er du mois mais qu'elle est reçue le 3, ton préavis démarre le 3. Ce détail peut faire toute la différence si tu es à la limite d'une échéance. Garde toujours l'accusé de réception comme preuve.

Congé donné par le bailleur : motifs légaux acceptés (reprise, vente, motif légitime)

Toi, tu peux partir quand tu veux. Le bailleur, c'est une autre histoire.

Pour récupérer son logement, il doit obligatoirement invoquer l'un de ces 3 motifs légaux, pas un de plus :

  • Reprise pour habiter : le bailleur reprend le logement pour y vivre lui-même, ou pour y loger un proche (conjoint, partenaire de PACS, ascendants, descendants). Le bénéficiaire doit être réel et le besoin sincère.
  • Vente du logement : le bailleur souhaite vendre le bien libre de toute occupation. Attention : le locataire bénéficie d'un droit de préemption : il est prioritaire pour acheter.
  • Motif légitime et sérieux : impayés répétés, troubles de voisinage, non-respect du contrat de location vide... Le motif doit être concret et prouvable.

Dans tous les cas, le congé doit être envoyé au moins 6 mois avant la fin du bail, par lettre recommandée avec accusé de réception, acte d'huissier ou remise en main propre contre émargement.

Aucune exception. Aucun raccourci.

Congé sans motif valable = congé nul

Un bailleur qui donne congé sans invoquer l'un des 3 motifs légaux, ou avec un motif insuffisamment justifié, s'expose à une annulation pure et simple du congé. Le locataire peut rester dans les lieux et saisir la commission de conciliation.

Forme et délais de la lettre de résiliation du contrat de location

Peu importe qui prend l'initiative, locataire ou bailleur : la forme compte autant que le fond. Un congé mal envoyé, c'est un congé qui ne vaut rien.

3 moyens légaux pour notifier la résiliation d'un contrat de location vide :

  • Lettre recommandée avec avis de réception : la solution la plus courante
  • Remise en main propre contre émargement : pratique si les deux parties sont disponibles
  • Acte d'huissier : obligatoire dans certains litiges, incontestable juridiquement

Le délai de préavis commence à courir à la date de réception du courrier, pas à la date d'envoi. Détail qui change tout si tu es à la limite.

Côté contenu, la lettre doit mentionner clairement l'adresse du logement, la date de prise d'effet du congé et, pour le bailleur, le motif légal invoqué. Sans motif valable, le congé est nul.

Qui donne congé Délai de préavis Motif obligatoire Forme requise
Locataire (zone normale) 3 mois Non LRAR / huissier / main propre
Locataire (zone tendue ou cas particulier) 1 mois Non LRAR / huissier / main propre
Bailleur 6 mois Oui (3 motifs légaux) LRAR / huissier / main propre

Résiliation anticipée avant le terme du bail : conditions et recours

Le locataire peut quitter le logement quand il veut, on l'a vu. Mais peut-on mettre fin au bail avant son terme dans d'autres situations ? Oui, sous conditions.

Côté locataire, c'est simple : tu donnes ton préavis (1 ou 3 mois selon la zone), et c'est plié. Pas besoin de motif, pas besoin de justification. La résiliation anticipée est un droit.

Côté bailleur, en revanche, impossible de récupérer le logement avant l'échéance du bail, sauf si le locataire ne respecte pas ses obligations (loyers impayés, troubles de voisinage graves). Dans ce cas, c'est la clause résolutoire qui s'active, via une procédure judiciaire.

En cas de litige, plusieurs recours existent :

  • La commission départementale de conciliation (CDC) : gratuite, rapide, souvent efficace
  • Le tribunal judiciaire en dernier recours
Le locataire peut-il quitter le logement avant la fin des 3 ans ?

Oui, à tout moment et sans avoir à se justifier. Il doit simplement respecter son préavis : 3 mois en zone normale, 1 mois en zone tendue ou dans certaines situations particulières (mutation, perte d'emploi, état de santé...).

Le bailleur peut-il récupérer son logement avant l'échéance du bail ?

Non, sauf si le locataire ne respecte pas ses obligations (loyers impayés, troubles graves). Dans ce cas, la clause résolutoire s'active via une procédure judiciaire. Hors manquement du locataire, le bailleur doit attendre l'échéance des 3 ans.

Que faire si le bailleur donne congé sans motif valable ?

Le congé est nul et sans effet. Le locataire peut contester devant la commission départementale de conciliation (CDC), gratuite et rapide, ou saisir le tribunal judiciaire en dernier recours.

Comment rédiger et signer un contrat de bail non meublé valide ?

Un bail mal rédigé, c'est une bombe à retardement. Pour les deux parties.

La bonne nouvelle : il existe un modèle officiel. Depuis le décret du 29 mai 2015, tout contrat de location vide doit respecter un contrat type réglementaire. Pas de place pour l'improvisation.

Voici comment signer un bail solide, sans mauvaise surprise.

Utiliser le modèle de contrat type réglementaire (décret du 29 mai 2015)

Bonne nouvelle : tu n'as pas à inventer quoi que ce soit. Le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 impose un contrat type officiel pour toute location vide à usage de résidence principale. Autant s'en servir.

Ce modèle réglementaire structure tout : informations sur les parties, description du logement, loyer, charges, dépôt de garantie, clauses obligatoires. Rien à oublier, rien à improviser.

Quelques règles à respecter :

  • Plusieurs exemplaires obligatoires : un pour le bailleur, un pour le locataire, un pour la caution si elle existe
  • Chaque page doit être paraphée, chaque exemplaire signé par toutes les parties
  • Les annexes font partie du contrat : état des lieux, DPE, notice d'information... ils s'ajoutent au bail, pas en option

Le modèle est téléchargeable gratuitement sur le site du gouvernement. Pas d'excuse pour partir d'une feuille blanche.

Le modèle officiel est gratuit

Le contrat type issu du décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 est disponible gratuitement sur Légifrance et sur le site du gouvernement. Inutile d'acheter un modèle ou de partir d'une feuille blanche - l'État l'a déjà fait pour toi.

Qui doit signer le contrat et dans quelles conditions ?

Tout le monde concerné par le bail doit le signer. Ça paraît évident, mais les oublis sont fréquents.

Côté bailleur : chaque propriétaire indivis signe. Si un mandataire gère le bien, c'est lui qui appose sa signature, avec une procuration en bonne et due forme.

Côté locataire : tous les colocataires figurant sur le bail signent. Sans exception.

Et la caution ? Elle n'est pas partie au contrat, donc elle ne signe pas le bail. En revanche, elle remplit un acte de caution solidaire séparé. Attention : un acte mal rédigé peut être invalidé, et toute procédure contre la caution tombe à l'eau. Depuis 2022, cet acte peut être signé électroniquement, comme le bail lui-même.

Signature électronique ou papier, les deux sont valables. L'essentiel : que chaque signataire reçoive un exemplaire original du contrat dès la signature.

Erreurs courantes à éviter lors de la rédaction du bail

Même avec le modèle officiel sous la main, les erreurs glissent vite. Voici celles qu'on voit revenir le plus souvent.

Les classiques qui coûtent cher :

  • Oublier la clause résolutoire. Sans elle, impossible de résilier le bail pour impayés sans passer par une procédure longue et coûteuse. Elle doit figurer noir sur blanc dans le contrat.
  • Laisser des champs vides. Surface mal renseignée, adresse incomplète, date d'effet absente... Chaque blanc est une faille potentielle.
  • Ne pas annexer tous les diagnostics. DPE, état des risques, diagnostic plomb ou amiante selon l'ancienneté du bien : un oubli et le locataire peut demander l'annulation du bail.
  • Copier-coller des clauses trouvées sur internet. Certaines sont illégales. Et une clause abusive, ça se retourne contre le bailleur.
  • Signer sans état des lieux. Techniquement possible, mais juridiquement suicidaire.

Clause abusive = nulle de plein droit

Loyer payable en avance de plus d'un mois, interdiction d'avoir des animaux, pénalités non prévues par la loi, surface habitable erronée de plus de 5 %... Ces clauses sont automatiquement nulles, et peuvent se retourner contre le bailleur. Mieux vaut s'en tenir strictement au modèle réglementaire.

Bail sans contrat écrit : quels risques pour le bailleur et le locataire ?

Pas de contrat écrit, pas de protection. Pour personne.

Légalement, un bail verbal est reconnu, la loi du 6 juillet 1989 ne l'interdit pas formellement. Mais en pratique, c'est une bombe à retardement pour les deux parties.

Risques Pour le bailleur Pour le locataire
Loyer Impossible de prouver le montant convenu Aucun recours en cas d'augmentation abusive
Durée du bail Aucune clause résolutoire invocable Aucune protection sur la durée
Dépôt de garantie Non réclamable (pas de trace écrite) Impossible à justifier en cas de litige
Expulsion Quasi impossible sans preuve du contrat -
Domicile - Impossible de justifier son domicile officiellement

En cas de litige, c'est la parole de l'un contre celle de l'autre. Et devant un tribunal, sans écrit, tu pars perdant - quel que soit ton camp.

Questions fréquentes sur le bail non meublé

Les réponses aux questions qu'on se pose tous avant de signer.

Quelle est la durée minimale d'un bail non meublé ?

3 ans pour un bailleur particulier, 6 ans pour une personne morale (entreprise, SCI...). C'est la règle de base fixée par la loi du 6 juillet 1989. Pourquoi si long ? Parce qu'en location vide, le locataire arrive avec ses meubles, son déménagement, ses frais d'installation. La durée longue lui permet d'amortir tout ça sans craindre d'être mis à la porte trop vite. Exception possible : un bail plus court que 3 ans reste légal, à condition que le bailleur justifie d'un motif réel dès la signature (reprise du logement pour raison familiale ou professionnelle, par exemple) et l'indique clairement dans le contrat. Côté locataire, pas de durée minimale imposée : tu peux partir quand tu veux, avec un préavis de 3 mois (ou 1 mois en zone tendue).

Peut-on résilier un bail non meublé avant 3 ans ?

Oui, et c'est même plus simple qu'on ne le croit. Le locataire peut partir à tout moment, sans avoir à justifier sa décision. Il lui suffit de respecter son préavis : 3 mois en zone classique, 1 mois en zone tendue ou en cas de motif légal (perte d'emploi, mutation, raisons de santé...). Le bailleur, lui, ne peut pas rompre le bail avant son terme. Il doit attendre l'échéance des 3 ans pour donner congé, et uniquement pour trois motifs reconnus par la loi du 6 juillet 1989 : reprise pour habiter, vente du logement, ou motif légitime et sérieux. Exception : si le bail a été conclu pour une durée réduite dès le départ (avec motif inscrit dans le contrat), le bailleur peut récupérer son bien à l'échéance prévue. En dehors de ces cas, une résiliation anticipée imposée au locataire est illégale.

Quel est le montant maximum du dépôt de garantie en location vide ?

En location vide, le plafond est fixé par la loi : 1 mois de loyer hors charges, pas un centime de plus. C'est la loi du 6 juillet 1989 qui l'impose, et ça ne bouge pas. Concrètement, si ton loyer est de 750 € hors charges, le propriétaire ne peut pas te réclamer 1 500 € de dépôt de garantie sous prétexte de "sécurité supplémentaire". C'est illégal, point. Le dépôt doit être restitué dans les 2 mois après l'état des lieux de sortie (1 mois si aucune retenue), il ne peut pas être révisé en cours de bail, et tout dépassement du plafond est sanctionnable. En meublé, c'est différent : le plafond monte à 2 mois. Une bonne raison de bien vérifier le type de bail avant de signer.

Que se passe-t-il si le loyer dépasse le plafond en zone d'encadrement ?

Si ton loyer dépasse le plafond légal en zone d'encadrement, le locataire peut agir, et il a la loi de son côté. Il peut d'abord envoyer une mise en demeure au bailleur pour demander une réduction du loyer. Si aucun accord n'est trouvé, il saisit la commission départementale de conciliation (CDC), puis le juge du contentieux de la protection si besoin. Le bailleur risque une réduction forcée du loyer ramenée au plafond autorisé, le remboursement des trop-perçus depuis le début du bail, et une amende pouvant aller jusqu'à 5 000 € pour un particulier, 15 000 € pour une personne morale. Avant de signer quoi que ce soit, vérifie le plafond applicable à ton logement.

Bail oral : une très mauvaise idée

La loi du 6 juillet 1989 l'impose clairement : tout contrat de location portant sur la résidence principale du locataire doit être établi par écrit. Sans contrat écrit, impossible de prouver les conditions convenues - montant du loyer, durée, dépôt de garantie. En cas de litige, les deux parties se retrouvent dans le flou total. Depuis le décret du 29 mai 2015, un modèle type réglementaire gratuit existe. Pas besoin de réinventer la roue.

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