Déclaration revenus fonciers 2026 : le guide du formulaire 2044

Déclaration revenus fonciers 2026 : le guide du formulaire 2044

Qu'est-ce que la déclaration de revenus fonciers ?

Tu loues un appartement ou une maison vide ? Bonne nouvelle : tu touches des loyers. Moins bonne nouvelle : le fisc veut sa part. C'est là qu'entre en jeu la déclaration de revenus fonciers.

Concrètement, ce sont les revenus que tu tires de la location de tes biens immobiliers non meublés. Loyers encaissés, mais aussi recettes annexes comme les redevances d'affichage ou certains droits liés à l'usage de tes biens.

Chaque année, tu dois reporter ces sommes dans ta déclaration de revenus, selon le régime fiscal qui te concerne. Rien de sorcier une fois qu'on a les bonnes infos.

Voilà ce qu'on va décortiquer juste après :

  • ce qui compte vraiment comme revenu foncier imposable,
  • la différence entre la déclaration 2042 et le formulaire 2044,
  • la distinction entre location nue et location meublée (parce que ça change tout côté fiscalité).

On déroule tout, étape par étape. Pas de jargon, promis.

Définition des revenus fonciers imposables

Concrètement, les revenus fonciers, c'est tout ce que tu encaisses grâce à un bien immobilier que tu mets en location vide. On parle ici de murs et de terrains, pas de meubles.

Dans le détail, ça regroupe :

  • les loyers de tes locations nues (appartement, maison, local) ;
  • les revenus de parts de SCPI ou de SCI, dès lors que la société loue du non-meublé ;
  • certaines redevances, comme celles liées à un panneau d'affichage publicitaire ou à l'usage d'un bien.

Le point commun de tout ça ? Une location non meublée. Dès que tu mets un canapé et un lit pour louer en meublé, tu changes de catégorie : tu bascules dans les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec le statut LMNP. Autre planète, autres règles.

Retiens donc l'essentiel : location vide = revenus fonciers = formulaire 2044. C'est la base de tout le reste.

À retenir

Location vide = revenus fonciers = formulaire 2044. Dès qu'il y a des meubles, tu changes de catégorie et tu bascules en BIC. C'est le réflexe de base à garder en tête.

Différence entre la déclaration 2042 et la déclaration 2044

Deux formulaires, deux rôles bien distincts. La 2042, c'est ta déclaration de revenus principale, celle que tout le monde remplit chaque année. La 2044, c'est une annexe réservée à tes revenus fonciers au régime réel.

Comment ça s'articule ? Ça dépend de ton régime :

  • Micro-foncier : pas besoin de la 2044. Tu reportes simplement le total de tes loyers bruts dans la case 4BE de ta 2042, et l'administration applique l'abattement de 30 % toute seule.
  • Régime réel : là, la 2044 devient obligatoire. Tu y détailles tes loyers encaissés et toutes tes charges déductibles (travaux, intérêts d'emprunt, taxes...). Le résultat obtenu, ton revenu foncier net, tu le reportes ensuite sur ta 2042.

En clair : la 2044 fait le calcul, la 2042 encaisse le verdict.

Location nue et location meublée : quelle déclaration ?

Attention, c'est le piège classique. La case dans laquelle tombe ton bien dépend d'un détail : les meubles.

Tu loues vide ? Tes loyers sont des revenus fonciers. Direction la déclaration 2044, avec le choix entre micro-foncier et régime réel.

Tu loues meublé ? Là, on change totalement de catégorie. Tes loyers deviennent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et le formulaire 2044 ne te concerne pas. Tu passes par le régime micro-BIC ou le réel, souvent sous le statut LMNP.

En clair :

  • Location nue : revenus fonciers, donc formulaire 2044
  • Location meublée : BIC, donc pas de 2044

Critère Location nue Location meublée
Catégorie fiscale Revenus fonciers Bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
Formulaire 2044 (régime réel) ou case 4BE (micro-foncier) Pas de 2044
Régimes possibles Micro-foncier ou régime réel Micro-BIC ou réel
Statut associé - LMNP le plus souvent

Un canapé et un frigo suffisent à tout faire basculer. Vérifie bien ton type de bail avant de remplir quoi que ce soit.

Qui doit remplir la déclaration 2044 ?

La règle est simple : dès que tu encaisses des loyers d'un bien loué vide, la 2044 te concerne. Mais il y a quelques nuances à connaître selon ton profil.

En gros, tu es dans le viseur de cette annexe si :

  • tu es propriétaire bailleur et tu loues un logement nu (appartement, maison, local) ;
  • tu détiens des parts de SCI ou d'une société immobilière non soumise à l'impôt sur les sociétés ;
  • tu perçois des revenus fonciers un peu particuliers, comme des redevances d'affichage ou des recettes liées à l'usage de certains biens.

Le point commun ? Tu déclares au régime réel, donc avec le détail de tes recettes et de tes charges. C'est ce niveau de précision qui impose de passer par la 2044, en plus de ta déclaration 2042 classique.

On déroule chaque cas juste en dessous, histoire que tu saches exactement où tu te situes.

Les propriétaires bailleurs concernés

Si tu loues un logement vide et que tu en tires des loyers, tu fais partie du club. Peu importe le type de bien : appartement, maison, local commercial, garage, terrain… À partir du moment où la location est nue, les recettes filent dans la case revenus fonciers.

Quelques exemples concrets de ce qui te concerne :

  • Les loyers d'un appartement ou d'une maison loués vides.
  • Les fermages perçus sur un terrain agricole.
  • Les redevances d'affichage (un panneau publicitaire sur ton mur, ça compte).
  • Les revenus liés à l'usage de certains biens, comme le droit de chasse ou de pêche.

Bref, dès qu'un bien immobilier te rapporte sans être meublé, la 2044 te tend les bras. Et oui, louer ta maison implique aussi cette petite formalité fiscale.

Les détenteurs de parts de sociétés immobilières (SCI)

Tu détiens des parts dans une SCI ou une SCPI ? Toi aussi, la 2044 t'attend. Le principe : ces sociétés immobilières fonctionnent sous le régime de la translucidité fiscale. Traduction : ce n'est pas la société qui paie l'impôt, c'est toi.

Concrètement, chaque associé est imposé sur sa quote-part de résultat, proportionnelle à ses parts. Si tu possèdes 30 % d'une SCI qui dégage des revenus locatifs, tu déclares 30 % de ce résultat dans ta propre déclaration de revenus fonciers.

Ça vaut aussi pour les fonds de placement immobilier. Bonne nouvelle : la société te transmet en général un relevé récapitulatif avec le montant exact à reporter. Pas besoin de sortir la calculette toi-même.

Les cas dispensés de la déclaration 2044

Bonne nouvelle : tout le monde n'est pas obligé de remplir cette annexe. Si tu relèves du régime micro-foncier, tu peux zapper la 2044. Pas de tableaux à remplir, pas de charges à détailler. Tu reportes simplement le total de tes loyers bruts dans la case 4BE de ta déclaration 2042, et l'administration applique automatiquement l'abattement de 30 %.

Ce régime s'active tout seul quand :

  • Tes revenus fonciers bruts ne dépassent pas 15 000 € par an
  • Tu ne détiens aucun bien soumis à un régime spécifique (Pinel, monuments historiques, dispositifs anciens type Borloo ou Besson…)

Dans ces cas-là, la 2044 reste optionnelle. Tu peux quand même choisir le régime réel si tu as beaucoup de charges à déduire, mais c'est ton choix, pas une obligation.

Bon à savoir

Le micro-foncier, c'est l'option zéro paperasse : pas de formulaire 2044, juste la case 4BE à remplir. Pratique si ton bien ne génère pas de grosses dépenses. Mais attention, l'abattement forfaitaire de 30 % remplace toutes tes charges réelles. Si tes travaux ou intérêts d'emprunt dépassent ce seuil, le régime réel sera plus avantageux. On creuse tout ça plus bas.

Quand déclarer ses revenus fonciers en 2025 ?

Petit rappel qui fait gagner du temps : en 2025, tu déclares les revenus fonciers encaissés en 2024. Soit tous les loyers perçus entre le 1er janvier et le 31 décembre 2024. Pas ceux de cette année, ceux de l'an dernier.

Et comme chaque printemps, la campagne de déclaration s'étale sur plusieurs semaines. Le calendrier dépend de deux choses : ton mode de déclaration (en ligne ou papier) et ton département de résidence. La déclaration en ligne ouvre généralement mi-avril, avec des dates limites échelonnées jusqu'en juin selon ta zone. La version papier, elle, suit son propre tempo, plus court.

Bon à savoir

La déclaration en ligne est obligatoire si ton logement est connecté à internet. Le papier reste toléré pour ceux qui n'ont pas accès au numérique. Repère bien ta date limite : un retard, c'est une majoration de 10 % minimum sur ton impôt. Autant ne pas offrir ça au fisc.

Les dates exactes changent chaque année et sont publiées sur impots.gouv.fr. On te détaille tout juste en dessous.

Dates limites selon ton département

La date butoir, elle dépend de ton département. Plus précisément, du numéro inscrit sur ton adresse fiscale. En 2025, la campagne s'étale du 10 avril au 5 juin. Mais le couperet n'arrive pas le même jour pour tout le monde.

Voici comment ça se découpe pour la déclaration en ligne :

Zone de départements Date limite (déclaration en ligne)
Départements 01 à 19 (et non-résidents) Fin mai, autour du 22
Départements 20 à 54 Vers le 28 mai
Départements 55 à 976 Début juin (deadline la plus tardive)

Le principe est simple : plus ton numéro de département est élevé, plus tu as de marge. Pratique si tu as tendance à t'y prendre à la dernière minute.

Un conseil : repère ta date exacte sur ton espace impots.gouv.fr dès l'ouverture de la campagne. Ça t'évite la course de fin mai et la pénalité de retard qui va avec.

Calendrier de la déclaration en ligne et papier

Deux modes de déclaration, deux échéances. Voici comment t'y retrouver.

La déclaration en ligne, c'est la règle. Et même l'obligation pour la plupart des bailleurs. Dès que tu déclares des revenus fonciers au régime réel via le formulaire 2044, tu passes par ton espace sur impots.gouv.fr. Ta date limite dépend de ton département, entre le 22 mai et le 5 juin 2025.

La déclaration papier, elle, se fait de plus en plus rare. Le cerfa 2044 n'est même plus dispo en version papier dans les centres des impôts. Si tu y as encore droit (pas d'accès internet, par exemple), l'échéance tombe avant tout le monde : le 15 mai 2025, peu importe ton département.

Notre conseil

Privilégie le numérique. C'est plus rapide, tu gagnes quelques jours, et tout est pré-rempli.

Où trouver et obtenir le formulaire 2044

Bonne nouvelle : le cerfa 2044 ne se cache pas. Depuis que la déclaration en ligne est devenue la norme pour les bailleurs, le formulaire est directement intégré à ton espace sur impots.gouv.fr. Pas besoin de courir au guichet, d'ailleurs tu ne le trouveras plus en version papier dans ton centre des finances publiques.

Quand tu déclares en ligne, le 2044 s'ajoute automatiquement à ton parcours. Il te suffit de cocher la case "revenus fonciers" dans ta déclaration 2042, et l'annexe apparaît. Magique ? Presque.

Si tu as besoin de la version PDF (pour anticiper ou simuler tranquillement), tu peux la télécharger directement. Et selon ta situation, ce n'est pas toujours le même document. On t'explique juste en dessous comment choisir entre le 2044 classique et sa variante spéciale.

Plus de version papier

Le formulaire 2044 n'est plus distribué en version papier dans les centres des finances publiques. Il est désormais intégré automatiquement à ta déclaration en ligne dès que tu coches la case "revenus fonciers".

Télécharger le cerfa 2044 et sa notice

Tu préfères la version papier ou tu déclares depuis l'étranger ? Le cerfa 2044 reste téléchargeable en quelques clics. Direction le site officiel.

Voici les références à connaître :

  • Le formulaire 2044 (cerfa n° 10334) : la déclaration classique des revenus fonciers, avec sa notice 2044-NOT (cerfa n° 50156).
  • Le formulaire 2044-SPE (cerfa n° 10335) : la version spéciale, accompagnée de sa notice 2044-SPE-NOT (cerfa n° 50157).
  • Le formulaire 2044-EB (cerfa n° 11639) : à remplir en cas d'engagement de location sur certains dispositifs.

Tu trouves tout ça sur impots.gouv.fr ou sur service-public.fr, au format PDF, gratuitement.

Un conseil : ne fais pas l'impasse sur la notice. Elle décortique chaque case ligne par ligne. C'est moins glamour qu'un roman, mais ça t'évite les erreurs qui coûtent cher.

Formulaire Numéro cerfa Notice associée Usage
2044 classique n° 10334 2044-NOT (n° 50156) Location nue, régime réel standard
2044-SPE n° 10335 2044-SPE-NOT (n° 50157) Dispositifs de défiscalisation, cas particuliers
2044-EB n° 11639 - Engagement de location sous certains dispositifs

Formulaire 2044 classique ou 2044 spéciale (SPE) ?

Deux formulaires, deux usages. Et pas de panique : pour la grande majorité des bailleurs, c'est le plus simple qui s'applique.

Le formulaire 2044 classique, c'est le cas standard. Tu loues vide, tu déclares tes loyers, tu déduis tes charges au régime réel. Point. C'est lui que tu utilises si tu n'as aucun dispositif fiscal particulier en cours.

La déclaration 2044 spéciale (2044-SPE, cerfa n° 10335) entre en jeu dès que ta situation sort du cadre habituel. Notamment :

  • un dispositif de défiscalisation type Périssol, Robien, Borloo ou Scellier ancien,
  • un bien classé monument historique ou situé en secteur sauvegardé (loi Malraux),
  • certaines déductions spécifiques qui n'existent pas sur le formulaire simple.

Si tu t'engages à louer dans le cadre d'un dispositif, tu croiseras aussi le formulaire 2044-EB (cerfa n° 11639), qui acte cet engagement.

Dans le doute, la notice officielle sur impots.gouv.fr précise quel formulaire colle à ta situation.

Quel formulaire choisir ?

En cas de doute, retiens cette règle simple : si tu loues un bien classique sans aucun dispositif fiscal, c'est le 2044 classique. Dès qu'un dispositif de défiscalisation ou un statut particulier (monument historique, loi Malraux) entre en jeu, passe au 2044-SPE.

Quels revenus fonciers faut-il déclarer ?

Avant de remplir quoi que ce soit, il faut savoir ce qui rentre dans la case "revenus fonciers". Spoiler : ce n'est pas que ton loyer.

En clair, on parle de toutes les sommes encaissées grâce à un bien immobilier que tu loues vide, qu'il s'agisse d'un appartement, d'une maison ou même d'un terrain. Mais ça va un peu plus loin que le simple loyer mensuel.

Voici ce que tu dois déclarer :

  • Les loyers des locations nues, charges comprises ou non selon ton bail.
  • Les revenus issus de parts de SCPI ou de SCI soumises à l'impôt sur le revenu.
  • Certaines redevances liées à l'usage ou à l'occupation d'un bien (panneaux d'affichage, droits de passage, etc.).

À l'inverse, les loyers d'une location meublée ne sont pas des revenus fonciers : ils relèvent des BIC, donc d'une autre déclaration. On garde donc le formulaire 2044 pour le vide, point.

Location vide ou meublée : ne confonds pas

Le formulaire 2044 ne concerne que la location nue. Si tu loues en meublé, tes revenus relèvent des BIC et passent par une déclaration totalement différente. Mélanger les deux est l'une des erreurs les plus fréquentes.

Les loyers et recettes locatives à inclure

Premier réflexe : tout ce que tu encaisses grâce à ton bien loué entre dans le calcul. Et pas seulement le loyer hors charges.

Concrètement, tu dois additionner sur l'année civile :

  • Les loyers nus perçus, sans les charges récupérées auprès du locataire
  • Les charges locatives qui te restent sur le dos (celles que tu ne refactures pas au locataire)
  • Les indemnités diverses : dépôt de garantie conservé pour réparer un impayé, subventions type ANAH, indemnités d'assurance loyers impayés

Petit piège classique : on raisonne en encaissement, pas en facturation. Tu déclares ce que tu as réellement touché entre le 1er janvier et le 31 décembre, même si ça concerne le loyer de l'année précédente.

À l'inverse, certaines sommes restent en dehors du jeu. Les loyers issus d'une location meublée, par exemple, relèvent des BIC, pas des revenus fonciers. Ne les mélange pas.

À retenir : le principe de l'encaissement

En revenus fonciers, c'est la date d'encaissement qui compte, pas la date de facturation. Tu déclares ce que tu as réellement touché entre le 1er janvier et le 31 décembre, quelle que soit la période concernée par le loyer.

Comment calculer les loyers perçus sur l'année

La règle de base est simple : tu comptabilises tout ce qui est réellement encaissé entre le 1er janvier et le 31 décembre. C'est l'année civile qui compte, pas la date du bail.

Donc pour ta déclaration 2025, tu déclares les loyers perçus en 2024. Tu additionnes :

  • les loyers mensuels versés par ton locataire sur l'année,
  • les indemnités d'assurance loyers impayés,
  • les subventions Anah,
  • les revenus tirés d'un parking, garage ou box loué à part.
Tu loues un logement ?

Calcule de combien tu peux augmenter ton loyer cette année.

Et récupère le courrier de révision prêt à envoyer à ton locataire.

+0 €/and'augmentation légale possible pour un loyer de 800 €

Petit point d'attention : c'est la somme effectivement reçue qui compte. Un loyer de décembre encaissé en janvier suivant ? Il bascule sur l'année d'après. À l'inverse, un impayé non régularisé ne se déclare pas. Tu fais ton total, tu obtiens tes loyers bruts, et tu pars de là pour la suite.

Tu mets un logement en location ?

Découvre le loyer maximum légal de ton logement.

Et reçois ton rapport en PDF : barèmes officiels, loyer de référence majoré et plafond de ton logement.

0 €de plafond légal pour un T2 de 40 m² à Paris (non meublé)

Exemple concret

Loyer de décembre 2024 encaissé en janvier 2025 : il se déclare sur tes revenus 2025, pas 2024. Un impayé que ton locataire n'a jamais réglé ? Il ne se déclare pas du tout, tant qu'il n'est pas encaissé.

Micro-foncier ou régime réel : quel régime d'imposition choisir ?

Maintenant que tu sais quoi déclarer, reste à choisir comment. Et là, deux options s'offrent à toi : le micro-foncier ou le régime réel. Le choix dépend surtout de tes recettes annuelles et du montant de tes charges.

La règle de base ? Si tes loyers bruts ne dépassent pas 15 000 € par an, tu es automatiquement placé sous le micro-foncier. Mais tu peux toujours opter pour le réel si ça t'arrange.

Comment trancher ? Compare l'abattement forfaitaire de 30 % du micro-foncier avec le total de tes charges réelles. Si tes charges dépassent 30 % de tes loyers, le régime réel devient plus intéressant. Sinon, le micro-foncier te simplifie la vie.

Critère Micro-foncier Régime réel
Plafond de loyers Jusqu'à 15 000 €/an Pas de plafond
Déduction Abattement forfaitaire de 30 % Charges réelles déduites
Formulaire Déclaration 2042 Formulaire 2044
Idéal si Peu de charges Charges > 30 % des loyers

Dans tous les cas, garde précieusement tes justificatifs. En cas de contrôle, c'est ta meilleure assurance.

La règle des 30 %

Pour trancher rapidement : compare tes charges réelles à 30 % de tes loyers. Si tes charges dépassent ce seuil, le régime réel est plus avantageux. Sinon, le micro-foncier te simplifie la vie.

Le régime micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 %)

Le micro-foncier, c'est l'option simplicité. Si tes recettes locatives ne dépassent pas 15 000 € par an (charges non comprises), tu y es éligible par défaut.

Le principe ? Tu n'as rien à calculer. Le fisc applique automatiquement un abattement forfaitaire de 30 % sur tes loyers. Autrement dit, seuls 70 % de tes recettes sont imposées. Les 30 % restants sont censés couvrir tes charges, sans que tu aies à les justifier.

Exemple concret : tu encaisses 10 000 € de loyers sur l'année. L'abattement enlève 3 000 €. Tu seras imposé sur 7 000 €. Point final.

Côté paperasse, c'est le rêve : pas de formulaire 2044 à remplir. Tu reportes directement le montant brut de tes loyers dans la case dédiée de ta déclaration 2042. Rapide et sans prise de tête.

Le hic ? Ce forfait de 30 % t'arrange seulement si tes vraies charges sont inférieures. Sinon, le régime réel devient plus malin.

Le régime réel d'imposition

L'autre option, c'est de mettre les mains dans le cambouis. Au régime réel, tu ne profites d'aucun abattement automatique. À la place, tu déduis tes charges réelles, une par une, de tes loyers encaissés.

Et la liste est longue :

  • les travaux (réparation, entretien, amélioration)
  • les intérêts d'emprunt
  • les frais de gestion et d'assurance
  • la taxe foncière
  • les charges de copropriété non récupérables

Résultat : si tes dépenses dépassent 30 % de tes recettes, le réel devient bien plus intéressant que le micro-foncier. Mieux encore, si tes charges dépassent tes loyers, tu crées un déficit foncier imputable sur ton revenu global (on y revient plus bas).

La contrepartie ? Tu remplis le formulaire 2044 ligne par ligne, et tu gardes tous tes justificatifs en cas de contrôle. Un peu plus de paperasse, mais souvent un vrai gain fiscal.

Tableau comparatif et seuil de 15 000 €

Pour t'aider à trancher, voici un face-à-face des deux régimes. Le critère central reste le seuil de 15 000 € de recettes brutes par an : en dessous, tu choisis ; au-dessus, c'est le réel d'office.

Critère Micro-foncier Régime réel
Plafond de recettes Jusqu'à 15 000 €/an Aucun (obligatoire au-delà)
Déclaration 2042 seule Formulaire 2044
Avantage fiscal Abattement de 30 % Charges réelles déduites
Déficit foncier Impossible Possible
Engagement Aucun 3 ans, irrévocable

Comment lire ce tableau ? Si tes charges réelles dépassent 30 % de tes loyers (gros travaux, intérêts d'emprunt costauds), le réel te fait gagner. Sinon, le micro-foncier suffit largement.

Petit point à garder en tête : même sous le seuil, tu peux opter pour le réel. Mais attention, cette option t'engage pour 3 ans, puis se reconduit tacitement. À ne pas choisir à la légère.

L'option pour le réel t'engage 3 ans

Choisir le régime réel n'est pas réversible immédiatement : l'option te lie pour 3 ans, puis se reconduit tacitement. Réfléchis-y bien avant de te lancer, surtout si tes charges risquent de baisser.

Quelles charges déduire au régime réel ?

Le régime réel a un gros avantage : la liste des charges déductibles est longue. Mais attention, on ne déduit pas ce qu'on veut. Tout est encadré par les articles 29 et 31 du Code général des impôts.

En clair, une charge n'est déductible que si elle est liée à ton bien loué et que tu peux la justifier (facture à l'appui).

Voici les grandes familles de charges que tu peux retrancher de tes loyers encaissés :

  • les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration,
  • les intérêts d'emprunt et frais liés au crédit,
  • les frais de gestion et honoraires (agence, gestion locative, comptable),
  • les charges de copropriété,
  • la taxe foncière et certaines taxes annexes,
  • les primes d'assurance (loyers impayés, PNO).

Plus tes charges sont élevées, plus le réel devient intéressant. On détaille chaque poste juste en dessous.

La règle d'or

Une charge n'est déductible que si elle remplit deux conditions : être directement liée à ton bien loué et être justifiée par une facture. Sans justificatif, pas de déduction possible en cas de contrôle.

Travaux, intérêts d'emprunt et frais de gestion

Trois grandes familles de charges vont alléger ta note. On commence par le gros morceau : les travaux. Réparation, entretien, amélioration… tout ce qui remet le logement en état est déductible. Seule exception : les travaux de construction ou d'agrandissement, eux, restent à ta charge.

Viennent ensuite les intérêts d'emprunt. Si tu as financé ton bien à crédit, tu déduis non seulement les intérêts, mais aussi les frais de dossier et les frais de clôture liés au prêt. Pratique.

Enfin, les frais de gestion :

  • honoraires d'expert-comptable ou d'avocat,
  • rémunération du syndic, du gardien ou d'un gestionnaire,
  • frais de procédure (en cas d'impayé, par exemple).

À ça s'ajoute un forfait automatique de 20 € par logement pour les petites dépenses de correspondance et de téléphone. Attention quand même : les frais d'acquisition (notaire, droits de mutation) ne sont jamais déductibles.

Bon à savoir

Le forfait de 20 € par logement s'applique automatiquement, sans justificatif à fournir. Pense à le déclarer même si tu n'as pas de petites dépenses précises à rattacher.

Charges de copropriété déductibles

Les charges de copropriété, c'est un peu plus subtil. En cours d'année, tu verses des provisions pour charges au syndic. Ces provisions sont déductibles l'année où tu les paies. Simple, jusque-là.

Mais voilà le hic : ces provisions couvrent des dépenses dont une partie est récupérable auprès du locataire (eau, chauffage collectif, entretien des parties communes…). Du coup, l'année suivante, après l'approbation des comptes, tu dois régulariser.

Concrètement :

  • Année N : tu déduis le total des provisions versées au syndic.
  • Année N+1 : tu réintègres la part des charges récupérées sur ton locataire (donc imposable).

Reste uniquement déductible la part des charges qui pèse réellement sur toi : honoraires de syndic non récupérables, gros travaux votés en assemblée, ravalement…

Tu es bailleur ?

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Pour t'y retrouver entre charges récupérables et non récupérables, nos outils gratuits te débroussaillent le terrain. Et si la frontière reste floue, on détaille tout dans notre article sur la TEOM et les charges locatives.

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Taxe foncière et autres impôts déductibles

Troisième famille de charges déductibles : les impôts liés au bien. En tête de liste, la taxe foncière. Tu la paies chaque année en tant que propriétaire, et la part qui ne revient pas au locataire est déductible de tes revenus fonciers.

Attention au détail qui compte : la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), elle, n'est pas déductible. Pourquoi ? Parce qu'elle est récupérable sur ton locataire. Logique : ce que tu te fais rembourser ne peut pas alléger ta note. Pour tout comprendre sur ce partage, on a fait un article dédié à la TEOM et aux charges locatives.

Sont aussi déductibles :

  • la contribution foncière des entreprises (CFE), si tu y es soumis,
  • certaines taxes spéciales d'équipement,
  • la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement, le cas échéant.

En revanche, oublie la taxe d'habitation et les impôts sur le revenu : eux ne rentrent jamais dans le calcul.

Déductible ou pas ? Le récap

Déductibles : taxe foncière (part propriétaire), CFE, taxes spéciales d'équipement, taxe sur les surfaces de stationnement. Non déductibles : TEOM (récupérable sur le locataire), taxe d'habitation, impôt sur le revenu.

Comment remplir le formulaire 2044 étape par étape

Maintenant que tu sais quoi déduire, place au remplissage. Le formulaire 2044 se découpe en blocs logiques : tu renseignes d'abord tes recettes, puis tes charges, et le résultat tombe presque tout seul.

La logique est toujours la même. Pour chaque bien loué, tu indiques :

  • les loyers encaissés sur l'année (hors charges récupérées au locataire),
  • les charges déductibles que tu viens de calculer (travaux, intérêts d'emprunt, taxe foncière, provisions de copropriété),
  • les éventuelles aides ou subventions reçues.

Le formulaire fait ensuite la soustraction et sort ton résultat foncier. Positif, tu paies de l'impôt dessus. Négatif, bienvenue dans le monde du déficit foncier (on en parle juste après).

Régimes spéciaux : attention au bon formulaire

Si ta situation sort des sentiers battus (régimes spéciaux type Périssol, Robien ou monuments historiques), c'est la 2044 spéciale (SPE) qu'il te faut, pas la classique. On détaille tout ça étape par étape ci-dessous.

Renseigner les recettes et les charges

Première étape : tes recettes brutes. Tu additionnes tous les loyers encaissés sur l'année civile, hors charges locatives. À ce total, tu ajoutes les éventuelles indemnités perçues et les charges qui te reviennent en tant que propriétaire. Ce montant va dans les lignes dédiées aux recettes du formulaire 2044.

Ensuite, place aux charges déductibles. Tu les répartis dans les lignes prévues, par catégorie :

  • les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration
  • les intérêts d'emprunt et frais associés
  • les provisions pour charges de copropriété
  • la taxe foncière (part qui te reste)
  • les frais de gestion et primes d'assurance

Le réflexe justificatifs

Garde chaque justificatif. En cas de contrôle, le fisc adore les preuves. Les charges admises sont fixées par les articles 29 et 31 du Code général des impôts, pas de place pour l'improvisation.

Une fois recettes et charges saisies, le calcul du résultat se fait quasiment tout seul.

Calculer le résultat foncier

L'opération est simple : tu prends tes recettes brutes et tu retranches le total de tes charges déductibles. Le chiffre qui sort, c'est ton résultat foncier.

Deux scénarios possibles :

  • Résultat positif : tes loyers dépassent tes charges. Ce montant correspond à ton revenu foncier net imposable. Il viendra s'ajouter à tes autres revenus et sera soumis au barème de l'impôt plus les prélèvements sociaux.
  • Résultat négatif : tes charges dépassent tes loyers. Là, tu es en déficit foncier, et ça peut sérieusement alléger ta note d'impôt (on t'explique tout juste après).

Le formulaire fait le calcul pour toi via une série de cases à reporter, donc pas de panique côté maths. Garde juste en tête que ce résultat ne s'arrête pas là : il faut encore le transférer sur ta déclaration principale, la 2042. C'est l'étape suivante.

Reporter le montant sur la déclaration 2042

Le 2044 calcule, mais c'est le 2042 qui encaisse. La déclaration 2044 reste une annexe : une fois ton résultat foncier obtenu, tu dois le reporter sur ta déclaration principale, le formulaire 2042.

Concrètement :

  • Résultat bénéficiaire : tu le reportes en case 4BA de ta 2042.
  • Déficit foncier : direction la case 4BB (imputable sur le revenu global) et/ou la case 4BC (reportable sur les revenus fonciers futurs).
  • Si tu es au micro-foncier sans 2044, tes recettes brutes vont directement en case 4BE (l'abattement de 30 % se calcule automatiquement).

Situation Case sur la 2042 Effet
Résultat bénéficiaire 4BA Ajouté au revenu imposable
Déficit imputable sur le revenu global 4BB Réduit le revenu global
Déficit reportable 4BC Reporté sur revenus fonciers futurs
Micro-foncier (sans 2044) 4BE Abattement de 30 % automatique

En déclaration en ligne, le report se fait souvent tout seul : tu remplis l'annexe 2044, le montant atterrit au bon endroit sur la 2042. Vérifie quand même, les robots se trompent parfois. Nous, non.

Gérer un déficit foncier

Tes charges dépassent tes recettes ? Bienvenue dans le club du déficit foncier. Loin d'être une mauvaise nouvelle, c'est même un sacré levier fiscal. Quand le total de tes charges déductibles est supérieur à tes loyers encaissés, ton résultat foncier devient négatif. Et ce déficit, tu peux le déduire.

Le principe est simple : une partie vient s'imputer sur ton revenu global, ce qui fait baisser ton impôt sur le revenu. L'autre partie, elle, reste reportable sur tes revenus fonciers des années suivantes.

Mais attention, tout n'est pas déductible n'importe comment. Il y a des règles de calcul, un plafond annuel à respecter, et une distinction entre les charges qui touchent ton revenu global et celles qui restent cantonnées au foncier. On déroule tout ça juste en dessous, étape par étape, pour que tu en tires le maximum sans te faire retoquer par le fisc.

Calcul et imputation du déficit foncier

Le calcul, c'est de la soustraction de base : tes charges moins tes recettes. Si le résultat est négatif, tu tiens ton déficit foncier.

Mais attention, tout déficit n'est pas logé à la même enseigne. On distingue deux blocs :

  • Le déficit lié aux intérêts d'emprunt : il ne s'impute que sur tes revenus fonciers. Pas touche à ton revenu global.
  • Le déficit lié aux autres charges (travaux, frais de gestion, taxe foncière...) : celui-là, tu peux le déduire de ton revenu global. C'est lui le vrai levier.

Concrètement, le fisc commence par éponger tes intérêts d'emprunt avec tes loyers. Ce qui reste de charges au-delà vient alors taper sur ton revenu global, et donc baisser ton impôt total.

Le tout se calcule automatiquement sur ton formulaire 2044. Mais comprendre la mécanique t'évite les mauvaises surprises au moment du report.

Plafond d'imputation sur le revenu global

Voici la règle qui change tout : le déficit foncier s'impute sur ton revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Concrètement, ça veut dire que ce montant vient directement réduire l'ensemble de tes revenus imposables (salaires, pensions, etc.), pas seulement tes loyers. Joli coup de pouce sur ton impôt.

Mais ce plafond ne concerne pas tout, et c'est là que ça se corse :

  • La part liée aux travaux et charges courantes (hors intérêts d'emprunt) : imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 €.
  • La part liée aux intérêts d'emprunt : jamais imputable sur le revenu global. Elle reste cantonnée à tes seuls revenus fonciers.

Le plafond majoré rénovation énergétique

Un plafond majoré à 21 400 € existe pour certains travaux de rénovation énergétique (passage d'une passoire thermique vers une meilleure classe DPE). De quoi doubler ton levier fiscal si tu engages les bons travaux.

Le surplus au-delà du plafond ? Il n'est pas perdu, on en parle juste après.

Déficits restant à imputer sur les années suivantes

Et le surplus, on en fait quoi ? Parce que oui, ton déficit peut dépasser les 10 700 €. Pas de panique, rien ne se perd.

Deux mécanismes prennent le relais :

  • La part liée aux intérêts d'emprunt ne s'impute jamais sur ton revenu global. Elle reste cantonnée à tes revenus fonciers et se reporte sur les 10 années suivantes.
  • La fraction du déficit au-delà de 10 700 € (hors intérêts) suit le même chemin : elle s'impute sur tes futurs revenus fonciers, là aussi pendant 10 ans.

Pour y voir clair, voici comment se répartit chaque type de déficit :

Type de déficit Imputable sur le revenu global ? Plafond / Report
Travaux & charges courantes Oui 10 700 € / an (21 400 € en rénovation énergétique)
Surplus au-delà du plafond Non Reportable sur revenus fonciers, 10 ans
Intérêts d'emprunt Non, jamais Reportable sur revenus fonciers, 10 ans

Concrètement, tu n'as rien à recalculer toi-même. L'administration assure le suivi d'une année sur l'autre, et le report apparaît automatiquement sur ta prochaine déclaration 2044. Garde juste un œil dessus pour vérifier que rien ne se perd en route.

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Quelle imposition sur tes revenus fonciers ?

Maintenant que ton résultat foncier est calculé, reste la grande question : combien tu vas vraiment payer ?

La réponse tient en deux blocs. D'un côté, tes revenus fonciers s'ajoutent à tes autres revenus (salaires, pensions, etc.) et passent au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Plus ta tranche est haute, plus la note grimpe : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon ton niveau de revenus.

De l'autre, il y a les prélèvements sociaux, fixés à 17,2 %. Eux, ils s'appliquent quoi qu'il arrive, peu importe ta tranche.

Concrètement, ton taux d'imposition réel = ta tranche marginale + 17,2 %. Un bailleur dans la tranche à 30 % paie donc 47,2 % sur ses revenus fonciers nets. Ça pique, oui. D'où l'intérêt de bien optimiser tes charges déductibles au régime réel.

À retenir

Ton taux d'imposition réel sur les revenus fonciers = ta tranche marginale d'imposition (TMI) + 17,2 % de prélèvements sociaux. Optimiser tes charges déductibles au régime réel est le principal levier pour alléger la facture.

Barème de l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux

Commençons par le premier bloc : tes revenus fonciers nets s'ajoutent à ton salaire, tes pensions et tes autres revenus. Le tout passe ensuite dans le barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Pour 2025, les tranches sont les suivantes :

Tranche de revenus Taux d'imposition
Jusqu'à 11 497 € 0 %
De 11 498 € à 29 315 € 11 %
De 29 316 € à 83 823 € 30 %
De 83 824 € à 180 294 € 41 %
Au-delà de 180 294 € 45 %

Le taux qui s'applique à tes loyers, c'est donc ta tranche marginale d'imposition. Plus tes revenus globaux sont élevés, plus la note grimpe.

Et ce n'est pas tout. Par-dessus, tu dois ajouter les prélèvements sociaux à 17,2 %. Ceux-là, ils tombent quel que soit ton niveau de revenu, sans tranche ni exonération.

Petit calcul rapide : si tu es dans la tranche à 30 %, tes revenus fonciers sont taxés à 30 % + 17,2 %, soit 47,2 % au total. Oui, ça pique. D'où l'intérêt de bien choisir ton régime d'imposition et de déduire un max de charges.

47,2 % sur tes loyers nets

Un bailleur dans la tranche à 30 % subit une imposition globale de 47,2 % sur ses revenus fonciers nets (30 % + 17,2 % de prélèvements sociaux). Dans la tranche à 41 %, on grimpe même à 58,2 %.

Le cas de la flat tax (PFU)

Attention, piège classique. La fameuse flat tax, ce prélèvement forfaitaire unique de 30 % qui simplifie tant la vie, ne s'applique pas aux revenus fonciers.

La flat tax (PFU), c'est réservé aux revenus de capitaux mobiliers : dividendes, intérêts, plus-values sur valeurs mobilières. Tes loyers issus d'une location nue, eux, restent dans le barème progressif. Pas le choix, c'est comme ça.

Du coup, oublie le calcul à 12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux qu'on lit parfois en confondant les deux régimes. Pour tes revenus fonciers, c'est :

  • ton taux marginal d'imposition (0, 11, 30, 41 ou 45 %),
  • plus 17,2 % de prélèvements sociaux.

Le seul terrain où la flat tax pourrait croiser ta route ? La location meublée déclarée via certaines enveloppes, mais ça relève d'une autre déclaration et d'un autre statut. Rien à voir avec le formulaire 2044.

Corriger ou modifier sa déclaration 2044

Une case oubliée, un montant de travaux mal reporté, une charge que tu avais zappée ? Pas de panique. Une erreur sur ta déclaration de revenus fonciers, ça se rattrape sans drame.

Le fisc le sait bien : personne n'est parfait au moment de remplir le formulaire 2044. C'est pour ça qu'il existe une procédure de correction simple, gratuite, et accessible à tout le monde.

Deux cas de figure :

  • Tu n'as pas encore validé ta déclaration ? Tu modifies directement avant l'envoi, rien de plus.
  • Tu as déjà tout envoyé ? Tu peux corriger après coup, en ligne ou par courrier selon ta situation.

L'idée à retenir : une déclaration de revenus fonciers n'est jamais gravée dans le marbre. Tant que tu réagis dans les délais, tu peux ajuster tes loyers déclarés, tes charges déductibles ou ton résultat foncier. On t'explique comment, juste en dessous.

Une déclaration n'est jamais figée

Tant que tu agis dans les délais, tu peux corriger tes loyers, tes charges ou ton résultat foncier. Deux fenêtres existent : la correction en ligne (août à décembre) et la réclamation contentieuse (jusqu'à fin de la deuxième année suivant la mise en recouvrement).

Rectifier une déclaration en ligne

Bonne nouvelle : si tu as déclaré en ligne, corriger est un jeu d'enfant. Le service de télédéclaration reste ouvert même après la date limite, et tu peux y retourner autant de fois que nécessaire.

La marche à suivre :

  • Connecte-toi sur ton espace particulier sur impots.gouv.fr.
  • Clique sur « Accéder à la correction en ligne » depuis ton tableau de bord.
  • Reprends ta déclaration 2044, modifie les cases concernées (par exemple la ligne 211 pour les loyers bruts encaissés, hors charges).
  • Valide. Un nouvel avis d'imposition rectifié t'est ensuite envoyé.

Petit rappel utile : en ligne 211, tu ne mets que les loyers nus encaissés, sans les provisions de charges. C'est une erreur ultra-fréquente qui se corrige en deux clics.

L'erreur la plus fréquente

En ligne 211, ne reporte que les loyers nus encaissés, sans les provisions de charges. C'est l'oubli numéro 1 des déclarants, et il se rectifie en deux clics.

Délais et procédure de correction

Tu disposes de plus de temps que tu ne le crois pour corriger le tir. Deux fenêtres existent.

La première : le service de correction en ligne, ouvert chaque année d'environ août à décembre, une fois ton avis d'imposition reçu. Tu modifies tes montants, tu valides, et un avis rectificatif arrive dans la foulée.

La seconde : la réclamation contentieuse. Si la période de correction est fermée, tu as jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement pour réclamer. Exemple : pour des revenus fonciers 2024 déclarés en 2025, tu peux agir jusqu'à fin 2027.


Procédure Période d'ouverture Comment faire
Correction en ligne Environ août à décembre, après réception de l'avis Depuis ton espace particulier, « Accéder à la correction en ligne »
Réclamation contentieuse Jusqu'au 31 décembre de la 2ᵉ année suivant la mise en recouvrement Messagerie sécurisée, rubrique « Je signale une erreur »

Concrètement, ça se passe depuis ta messagerie sécurisée sur impots.gouv.fr, rubrique « Je signale une erreur ». Garde tes justificatifs sous la main (factures de travaux, charges de copropriété), le fisc peut te les demander. Et c'est gratuit, évidemment.

Questions fréquentes sur la déclaration de revenus fonciers

On regroupe ici les questions qui reviennent le plus souvent. Réponses directes, sans détour.

Quel formulaire utiliser pour déclarer mes revenus fonciers ?

Si tu relèves du régime micro-foncier, tu reportes directement tes loyers bruts sur ta déclaration de revenus principale (formulaire 2042), case 4BE. Si tu es au régime réel, tu dois remplir le formulaire 2044 (ou 2044 spéciale pour certains dispositifs) et reporter le résultat sur la 2042.

Quelle est la différence entre le régime micro-foncier et le régime réel ?

Le micro-foncier s'applique automatiquement si tes revenus fonciers bruts ne dépassent pas 15 000 € par an. Il offre un abattement forfaitaire de 30 % sans justificatif. Le régime réel permet de déduire tes charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, taxe foncière, etc.) : il est intéressant dès que tes charges dépassent 30 % de tes loyers.

Puis-je passer du micro-foncier au régime réel ?

Oui. L'option pour le régime réel se fait en remplissant simplement le formulaire 2044. Attention toutefois : cette option est irrévocable pendant 3 ans. Au-delà, elle est reconduite tacitement chaque année et tu peux y renoncer pour revenir au micro-foncier.

Que faire en cas de déficit foncier ?

Si tes charges dépassent tes loyers, tu crées un déficit foncier. Il est imputable sur ton revenu global dans la limite de 10 700 € par an (hors intérêts d'emprunt). La fraction excédentaire et les intérêts sont reportables sur tes revenus fonciers des 10 années suivantes.

Les travaux sont-ils tous déductibles ?

Non. Seuls les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration sont déductibles. Les travaux de construction, reconstruction ou agrandissement ne le sont pas, car ils augmentent la valeur du bien.

Quand dois-je déclarer mes revenus fonciers ?

Les revenus fonciers se déclarent en même temps que ta déclaration de revenus annuelle, au printemps (généralement entre avril et juin selon ton département et le mode de déclaration).

Le bon réflexe

Conserve systématiquement tous tes justificatifs (factures de travaux, échéanciers d'emprunt, quittances) pendant au moins 3 ans. En cas de contrôle, c'est à toi de prouver la réalité des charges déduites.

Une question qui reste sans réponse ?

Un doute sur ta location ou ta déclaration ? Écris-nous : de vrais humains te répondent, sans jargon.

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Faut-il déclarer les revenus d'un logement loué meublé ?

Non, pas via le formulaire 2044. La location meublée ne génère pas des revenus fonciers, mais des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). La case est différente, le régime aussi.

Concrètement, deux options s'offrent à toi :

  • Le micro-BIC : abattement forfaitaire de 50 % (ou 71 % pour le meublé de tourisme classé), tant que tes recettes restent sous les plafonds.
  • Le régime réel : tu déduis tes charges réelles et tu peux même amortir le bien, sous le statut LMNP.

Le formulaire 2044, lui, reste réservé à la location nue (location vide). Si tu loues à la fois du nu et du meublé, tu jongles entre les deux régimes. Pas de panique, chacun a sa case dédiée sur ta déclaration de revenus.

Quel est le taux d'imposition sur les revenus fonciers ?

Il n'y a pas de taux unique, et c'est là que ça se complique un peu. Tes revenus fonciers nets s'ajoutent à tes autres revenus, puis sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Selon ta tranche, ça va de 0 % à 45 %.

À ça, tu ajoutes les prélèvements sociaux à 17,2 %, eux appliqués dès le premier euro de bénéfice foncier.

Un exemple concret. Si tu es dans la tranche à 30 % :

  • Impôt sur le revenu : 30 %
  • Prélèvements sociaux : 17,2 %
  • Total : 47,2 % sur tes revenus fonciers nets

C'est pour ça que le choix du régime et la déduction des charges au réel pèsent autant. Moins ton résultat foncier est élevé, moins tu paies.

Le réflexe à avoir

Les prélèvements sociaux (17,2 %) s'appliquent dès le premier euro de bénéfice, en plus de ta tranche d'impôt sur le revenu. Optimiser tes charges déductibles au régime réel est souvent le levier le plus efficace pour alléger ta note.

Peut-on déduire les charges de copropriété ?

Oui, mais avec une nuance qui en perd plus d'un. Au régime réel, tu déduis bien les charges de copropriété de tes revenus locatifs. Sauf qu'on ne fonctionne pas comme tu le crois.

Tu déclares d'abord les provisions pour charges versées au syndic sur l'année (case 229 du formulaire 2044). L'année suivante, tu régularises : tu réintègres en recettes la part des charges récupérables sur ton locataire et les dépenses non déductibles (case 230). Bref, ça se fait en deux temps.

Concrètement, seules les charges qui restent à ta charge de propriétaire sont déductibles :

  • gros entretien et réparations de l'immeuble
  • frais de gestion et de fonctionnement du syndic
  • provisions inscrites au budget de la copropriété

Le détail des charges admises figure dans les articles 29 et 31 du Code général des impôts. Et si la répartition entre toi et ton locataire te fait tourner la tête, on a fait un article complet sur la TEOM et les charges locatives.

Qu'est-ce que la taxe d'habitation sur les logements vacants (THLV) ?

Petite parenthèse, parce que ça revient souvent quand on a un logement qui ne rapporte rien : ce n'est pas un impôt sur les revenus fonciers, mais une taxe sur les logements qui restent vides.

La THLV s'applique dans les communes situées hors zone tendue qui ont décidé de l'instaurer. L'idée : remettre des logements vacants sur le marché en taxant ceux qui dorment. Pour être concerné, ton bien doit être inoccupé depuis plus de 2 ans au 1er janvier de l'année d'imposition.

Le taux ? Il s'aligne sur celui de la taxe d'habitation de la commune.

À ne pas confondre avec la TLV (taxe sur les logements vacants), qui vise les zones tendues et grimpe à 17 % la première année, puis 34 % les suivantes. Bon à savoir : un logement loué, même quelques mois, échappe à tout ça. La meilleure parade reste donc de trouver un locataire sans laisser ton bien prendre la poussière.

THLV ou TLV, ne pas confondre

La THLV vise les communes hors zone tendue qui l'ont votée, avec un taux aligné sur la taxe d'habitation. La TLV, elle, concerne les zones tendues et grimpe à 17 % la première année, puis 34 % les suivantes. Dans les deux cas, un bien loué échappe à la taxe.

Qui est exonéré de taxe foncière ?

Là encore, on sort du périmètre des revenus fonciers, mais la question revient tout le temps. La taxe foncière, c'est toi qui la paies en tant que propriétaire. Sauf que certaines situations te permettent d'y échapper, totalement ou en partie :

  • Les plus de 75 ans au 1er janvier, sous condition de ressources, pour leur résidence principale.
  • Les titulaires de l'Aspa, l'Asi ou l'AAH, là aussi selon leurs revenus.
  • Les logements neufs, exonérés pendant 2 ans après l'achèvement des travaux (sous réserve de déclaration dans les 90 jours).
  • Certaines rénovations énergétiques, qui ouvrent droit à une exonération temporaire votée par la commune.

Bon à savoir : cette taxe reste déductible de tes revenus fonciers au régime réel. Donc même si tu la paies, elle allège ta note finale. Pour les détails, jette un œil sur service-public.

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