Rats et souris en location : qui paie la dératisation ?

Rats et souris en location : qui paie la dératisation ?

Reconnaître une infestation de rats ou de souris dans un logement loué

Un soir, dans la cuisine, une petite ombre qui détale. Et là, le doute s'installe. Avant de paniquer (ou de poser dix pièges au hasard), encore faut-il être sûr de ce que tu as devant toi.

Les rongeurs sont discrets, mais ils laissent toujours des indices. Excréments le long des plinthes, bruits de grattage dans les murs la nuit, emballages grignotés, traces de gras sur les murs… autant de signaux qui ne trompent pas.

Et tout se joue dans le détail :

  • Souris : petites crottes (3-6 mm), bruits légers, présence surtout en hauteur et dans les placards.
  • Rats : crottes plus grosses, dégâts plus marqués, galeries au sol ou en sous-sol.

Repérer aussi les points d'entrée (trous, gaines, bas de porte) et les zones de nidification, c'est ce qui te permettra d'agir vite et bien. Surtout dans les immeubles anciens, à Paris comme ailleurs, où ces invités s'incrustent facilement.

On détaille tout ça juste en dessous.

Traces de présence de rongeurs le long d'une plinthe dans un appartement

Les signes de présence : excréments, bruits, traces de grignotage

Une ombre furtive, ça ne suffit pas pour conclure. Heureusement, les rongeurs laissent toujours des indices. Apprends à les repérer avant de dégainer le moindre piège.

Les signes qui ne trompent pas :

  • Des excréments : petits grains noirs en forme de grain de riz pour les souris, plus gros (jusqu'à 2 cm) pour les rats. Souvent le long des plinthes ou près des placards alimentaires.
  • Des bruits nocturnes : grattements, trottinements et petits couinements dans les murs, sous le plancher ou au plafond. Les rongeurs sont surtout actifs la nuit.
  • Des traces de grignotage : emballages éventrés, fils électriques rongés, marques de dents sur le bois ou le plastique.
  • Une odeur d'urine persistante et désagréable, signe d'une présence installée.
  • Des traces de passage : marques grasses le long des murs, empreintes dans la poussière.

Plus tu cumules d'indices, plus l'infestation est probable. Note tout : ça servira à convaincre ton propriétaire que le problème est réel.

Bon à savoir

Garde une trace écrite et photographique de chaque indice (excréments, dégâts, dates des bruits nocturnes). Ce dossier sera précieux pour prouver l'infestation à ton propriétaire et déclencher une intervention.

Différencier une infestation de souris d'une infestation de rats

Souris ou rat ? La nuance compte, parce que le traitement et l'ampleur des dégâts ne jouent pas dans la même cour.

Quelques repères simples pour trancher :


Critère Souris Rat
Taille (sans la queue) 6 à 9 cm jusqu'à 20 cm
Crottes comme des grains de riz comme des pépins d'olive
Comportement curieuse, explore tout méfiant, évite la nouveauté plusieurs jours
Bruit trottinements légers en hauteur grattements lourds dans cloisons et caves
Localisation fréquente placards, hauteurs points d'eau, caves, vide-ordures

En appartement, surtout dans le bâti ancien, la souris reste la visiteuse la plus fréquente. Le rat se cache plutôt près des points d'eau, caves et vide-ordures. Bien identifier l'intrus t'évite de poser le mauvais piège et de perdre un temps fou.

Identifier les points d'entrée et les zones de nidification

Repérer par où les rongeurs entrent et où ils se planquent, c'est la moitié du boulot. Sans ça, tu traites dans le vide.

Côté accès, traque les ouvertures, même minuscules. Une souris se faufile dans un trou de la taille d'un stylo, un rat dans celui d'une pièce de 2 €. Les endroits à inspecter :

  • Le bas des murs et les fissures près des plinthes
  • Les passages de tuyaux (eau, gaz, chauffage) et de câbles
  • Le pourtour des fenêtres, des portes et les grilles d'aération
  • Les vide-ordures et gaines techniques en immeuble

Pour les nids, cherche dans les coins sombres et peu fréquentés : derrière l'électroménager, sous un évier, dans les combles, les faux plafonds ou les cloisons. Indice qui ne trompe pas : un amas de papier déchiqueté, de tissu ou d'isolant. C'est leur matelas.

Repère ces zones, note-les. Ça servira au pro qui interviendra ensuite.

Ce que dit la loi sur la responsabilité de la dératisation en location

Maintenant que tu sais à qui tu as affaire, reste à savoir qui sort le chéquier. Et là, bonne nouvelle : la loi est plutôt claire.

Le principe de base ? Un logement loué doit être décent. Ça veut dire propre, sain, et surtout sans nuisibles. La présence de rats ou de souris à l'entrée dans les lieux engage donc en premier lieu la responsabilité du propriétaire.

Mais il y a des nuances. Si l'infestation découle d'un défaut du bâti ou existait déjà avant ton arrivée, c'est clairement pour la pomme du bailleur. À l'inverse, si elle résulte d'un manque d'entretien manifeste de ta part, les frais peuvent te retomber dessus.

Bref, tout dépend de l'origine du problème. Et depuis que la loi ELAN de 2018 a inscrit l'absence de nuisibles dans les critères de logement décent, c'est au propriétaire de démontrer ta négligence pour te facturer la dératisation. On creuse ça juste en dessous.

Le cadre légal : logement décent et obligation du bailleur

Le texte de référence, c'est l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989. Il dit noir sur blanc que le bailleur doit remettre un logement décent, « exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites ». Traduction : pas de rats, pas de souris. Point.

La loi ELAN de 2018 a enfoncé le clou. L'absence de nuisibles fait désormais partie des critères officiels de décence d'un logement. Autrement dit, un appart envahi de rongeurs n'est tout simplement pas conforme.

Concrètement, ça veut dire :

  • Un logement sain à l'entrée : pas de squatteurs à poils le jour de la remise des clés.
  • Une obligation qui dure : le bailleur entretient les lieux pendant tout le bail, pas juste au départ.

Bref, dans la majorité des cas, c'est au propriétaire de dégainer la solution. Et le chéquier qui va avec.

Bon à savoir

Depuis que la loi ELAN de 2018 a inscrit l'absence de nuisibles dans les critères de logement décent, c'est au propriétaire de démontrer ta négligence pour te facturer la dératisation, et non l'inverse. En cas de doute, la présomption joue en ta faveur.

Interprétations courantes et jurisprudence sur les nuisibles

Sur le papier, c'est limpide. Dans la vraie vie, ça se discute. Car la loi ne nomme pas explicitement les rats et les souris. C'est donc la jurisprudence qui tranche, au cas par cas.

La logique des tribunaux est souvent la même : on regarde l'origine de l'infestation.


Origine de l'infestation Qui paie ? Pourquoi
Vice du bâti (fissures, canalisations, défaut d'étanchéité) Le bailleur L'invasion vient du logement lui-même, pas du locataire
Présence dès l'entrée dans les lieux Le propriétaire Le logement livré n'était pas décent
Manque d'entretien manifeste du locataire (poubelles, hygiène douteuse) Le locataire La négligence est à l'origine du problème

En clair, le juge cherche qui a causé le problème. Pas de réponse automatique, mais une grille de lecture assez constante. Et un conseil qui revient toujours : signale vite et garde des preuves écrites.

Le cas particulier des parties communes en copropriété

Souris dans le couloir, rats au sous-sol, nid dans les gaines techniques ? Quand les rongeurs squattent les parties communes, le terrain de jeu change. Là, c'est la copropriété qui gère, via le syndic. Il a l'obligation de faire traiter les espaces partagés : hall, caves, locaux poubelles, vide-ordures. Les frais de dératisation des parties communes sont donc répartis entre tous les copropriétaires, pas à la charge d'un locataire isolé.

Attention au piège classique : le proprio qui te sort « les souris viennent des communs, c'est pas moi qui paie ». Faux. Même si l'infestation arrive d'ailleurs, il reste tenu de traiter ton logement. Les deux interventions doivent d'ailleurs être coordonnées : si on tue les rongeurs chez toi mais qu'ils prolifèrent encore dans la cave, ils reviennent en deux semaines.

Le piège à éviter

« Les souris viennent des communs, c'est pas moi qui paie » : c'est faux. Même si l'infestation arrive des parties communes, le propriétaire reste tenu de traiter ton logement. Signale toujours à ton proprio ET au syndic en même temps.

Les obligations du locataire face aux rongeurs

Le bailleur a ses obligations, c'est vrai. Mais toi aussi, locataire, tu as ta part à jouer. Et elle compte. Parce qu'un logement mal entretenu, c'est un buffet à volonté pour les rongeurs.

Concrètement, tes devoirs tiennent en trois points :

  • Entretenir le logement au quotidien. Ménage régulier, pas de miettes qui traînent, poubelles fermées. La base.
  • Signaler vite. Dès les premiers signes (excréments, bruits, traces de grignotage), tu préviens ton proprio. Par écrit, idéalement.
  • Ne pas aggraver la situation. Laisser pourrir le problème pendant des mois, c'est prendre le risque que la facture te revienne.

Bon à savoir

La présence de souris en immeuble collectif est ultra fréquente, surtout dans le bâti ancien. Pas de panique, donc. Mais ne laisse jamais la situation s'installer : une souris repérée aujourd'hui, c'est une colonie dans trois semaines. Et un signalement tardif peut transformer un souci du bailleur en frais à ta charge.

En clair : propreté, réactivité et trace écrite. C'est ton trio gagnant pour rester du bon côté de la responsabilité.

Maintenir la propreté et l'entretien courant du logement

L'entretien courant, c'est ton terrain à toi. L'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 le dit noir sur blanc : le locataire prend en charge l'entretien du logement. Et si une infestation de rongeurs vient d'un défaut d'entretien de ta part, les frais de dératisation peuvent te retomber dessus.

La bonne nouvelle ? C'est largement à ta portée. Quelques réflexes suffisent :

  • Pas de miettes qui traînent. Une cuisine propre, c'est un buffet fermé pour les souris.
  • Nourriture au placard ou en boîte hermétique. Les rats adorent les paquets ouverts.
  • Poubelles vidées et bien fermées. Le festin préféré des rongeurs.
  • Pas d'encombrement. Cartons, vieux journaux, recoins jamais nettoyés : autant de planques rêvées.

Un logement entretenu n'attire pas les nuisibles. C'est aussi simple que ça.

Cuisine propre et rangée avec aliments stockés en boîtes hermétiques

Signaler rapidement la présence de rats ou de souris au propriétaire

Première souris aperçue dans la cuisine ? Premier crottin suspect derrière le frigo ? Tu décroches ton téléphone, ou plutôt tu écris. Signaler la présence de rongeurs à ton propriétaire n'est pas une option, c'est un devoir. Et plus tu attends, plus la petite famille de souris s'installe et se multiplie.

Le bon réflexe : un signalement écrit, daté, par mail ou par courrier recommandé. Pourquoi écrit ? Parce qu'un message vocal ne prouve rien. Là, tu as une trace.

Quelques conseils pour bien faire :

  • Décris précisément ce que tu observes : excréments, bruits nocturnes, traces de grignotage, où et depuis quand.
  • Joins des photos, ça vaut mille mots.
  • Demande une intervention rapide et fixe-toi une date de relance si rien ne bouge.

Ce signalement, c'est aussi ta protection. Si le bailleur traîne, tu as la preuve que tu as agi vite et que tu n'as rien laissé pourrir.

Les situations où le locataire devient responsable des frais

Là, ça se corse pour toi. Si l'infestation de rats ou de souris vient d'un défaut d'entretien de ta part, c'est toi qui sors le portefeuille. La logique est simple : tu es responsable de ce que tu fais (ou ne fais pas) une fois installé.

Concrètement, le locataire peut être tenu de payer la dératisation quand :

  • Le logement était sain à ton arrivée. Si le proprio t'a remis un bien propre, salubre et sans nuisibles, et que les rongeurs débarquent à cause d'un manque d'hygiène, la facture est pour toi.
  • L'entretien courant a été négligé. Poubelles qui traînent, nourriture mal stockée, accumulation de déchets : tu offres un festin aux rongeurs, tu assumes.
  • Le défaut t'est clairement imputable. Encore faut-il que ce soit prouvé, pas juste supposé.

En dehors de ces cas, c'est rarement à toi de payer. Garde tes preuves d'entretien sous le coude.

Les obligations du propriétaire en cas d'infestation

Côté propriétaire, la barre est placée haut, et c'est tant mieux pour toi. La règle de base : un logement loué doit être décent, donc exempt de nuisibles. Tant que l'infestation de rats ou de souris ne vient pas d'une négligence de ta part, c'est au bailleur de mettre la main au porte-monnaie pour la dératisation.

Trois grands cas où la responsabilité retombe clairement sur le proprio :

  • Le logement était déjà infesté à ton arrivée. Un défaut de décence dès la remise des clés (pense à le noter sur ton état des lieux d'entrée), c'est pour lui.
  • L'origine est structurelle. Fissures dans les murs, canalisations percées, trous dans la charpente : les rongeurs entrent par un défaut du bâti, pas par ta faute.
  • Le problème dépasse ton seul logement. Si ça grouille dans l'immeuble entier, le sujet remonte d'un cran (on y revient juste après).

On détaille tout ça dans les points qui suivent.

Garantir un logement décent et exempt de nuisibles à l'entrée

Tout part d'une règle simple, gravée dans la loi. L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur de te remettre un logement décent, « exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites ». Traduction : le jour où tu poses tes cartons, pas un rat, pas une souris ne doit traîner.

La loi ELAN de 2018 a enfoncé le clou. L'absence de nuisibles fait désormais partie des critères de décence, au même titre qu'un chauffage qui marche ou un toit étanche. Si des rongeurs sont déjà installés à ton arrivée, c'est au propriétaire d'agir, et de payer.

Concrètement, ça veut dire :

  • Faire intervenir un dératiseur avant ton entrée si besoin.
  • Lancer les travaux de rénovation pour boucher les accès.
  • Te livrer un logement sain, point final.

Ce que dit la loi ELAN

Depuis 2018, l'absence de nuisibles est un critère officiel de décence du logement, au même titre que le chauffage ou l'étanchéité du toit. Un logement infesté à l'entrée est donc juridiquement non décent.

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Prendre en charge la dératisation liée à un vice de construction

Quand les rongeurs s'invitent à cause du bâti lui-même, c'est clairement la balle dans le camp du propriétaire. On parle ici de défauts structurels : fissures dans les murs, fondations poreuses, canalisations vétustes, trous mal rebouchés, sous-sol mal isolé. Bref, tout ce qui ouvre un boulevard aux rats et aux souris sans que tu y sois pour quoi que ce soit.

La logique est imparable : ces failles relèvent du gros œuvre, et le gros œuvre, c'est le bailleur qui l'entretient. Si une souris se faufile par une gaine technique non colmatée, ce n'est pas ton ménage qui est en cause, mais le logement.

Concrètement, le propriétaire doit alors prendre en charge :

  • l'intervention du dératiseur (pièges, appâts, main-d'œuvre),
  • les travaux pour boucher durablement les points d'entrée,
  • les éventuelles réparations liées aux dégâts.

Les limites de la responsabilité du bailleur

Le propriétaire n'est pas non plus le pigeon de service. Sa responsabilité s'arrête là où commence ta négligence. Si l'infestation de rats ou de souris part clairement d'un manque d'entretien de ta part (déchets qui traînent, restes de nourriture entreposés n'importe comment, logement laissé à l'abandon), il peut te refacturer la dératisation.

Mais attention au détail qui change tout : depuis que la loi ELAN de 2018 a fait de l'absence de nuisibles un critère de logement décent, c'est au bailleur de prouver que tu es à l'origine du problème. Pas l'inverse. Tant qu'il n'apporte pas cette preuve, les frais restent à sa charge.

Concrètement, ça veut dire :

Situation Qui paie la dératisation ?
Pas de preuve de négligence Le propriétaire
Négligence avérée et documentée Le locataire

Bref, la charge de la preuve joue largement en ta faveur. Reste juste irréprochable sur l'entretien courant, et tu seras tranquille.

Qui paie la dératisation selon les situations concrètes

La théorie c'est bien, mais sur le terrain, qui sort le chéquier ? Tout dépend de l'origine de l'infestation et de l'endroit où les rongeurs ont élu domicile. Voici un récap clair pour t'y retrouver vite fait.

Situation Qui paie ? Pourquoi
Rats ou souris présents dès l'entrée dans le logement Propriétaire Manquement à l'obligation de logement décent
Infestation liée à un vice de construction (fissures, canalisations) Propriétaire Défaut du bâti, pas de ta faute
Infestation due à un manque d'entretien ou d'hygiène du locataire Locataire Négligence avérée du locataire
Rongeurs venant des parties communes Syndic / copropriété Entretien collectif de l'immeuble
Origine indéterminée, logement entretenu correctement Propriétaire Charge du bailleur par défaut

En clair : si l'infestation vient du bâti ou existait avant ton arrivée, le propriétaire règle l'addition. Si elle découle clairement de ta négligence, c'est pour toi. Et quand ça touche les couloirs ou la cave, c'est l'affaire de la copro.

Infestation localisée dans un seul logement

Ton appart est le seul touché et le reste de l'immeuble est clean ? Là, deux scénarios se dessinent.

Si l'infestation de souris ou de rats vient d'un défaut du logement (fissure, gaine mal bouchée, plinthe abîmée), c'est au propriétaire de payer le dératiseur. Le logement doit être décent, point.

Si elle vient clairement de ta négligence (restes de bouffe partout, poubelles qui traînent, hygiène aux abonnés absents), la facture est pour toi.

Dans la majorité des cas isolés, c'est quand même le bailleur qui prend en charge le traitement, sauf s'il prouve que tu es à l'origine du souci. À retenir :

  • Origine = bâti ou cause inconnue : propriétaire
  • Origine = ta faute prouvée : locataire

Le réflexe malin : signale vite, garde une trace écrite, et laisse le pro identifier l'origine. Ça évite les débats sans fin.

Infestation étendue aux parties communes de l'immeuble

Là, ça se complique un peu, mais accroche-toi. Quand les rongeurs ont colonisé la cave, les gaines techniques, le local poubelles ou les couloirs, on sort du périmètre de ton logement. Et qui dit parties communes dit syndic.

Le syndic a l'obligation de faire traiter les parties communes en cas d'infestation. C'est la copropriété qui paie via les charges, pas toi directement. Ton propriétaire, lui, doit gérer ton appart si les rats ou les souris s'y sont invités.

Le piège à éviter ? Traiter ton logement dans ton coin pendant que le syndic traîne. Les deux interventions doivent être synchronisées. Sinon, les souris migrent d'un endroit à l'autre et tu joues au chat et à la souris pour de vrai. Pas idéal.

Le bon réflexe : signale l'infestation à ton bailleur ET au syndic en même temps, pour que tout le monde dégaine au même moment.

Désaccord entre locataire et propriétaire : recours et solutions amiables

Ton proprio fait l'autruche et refuse de bouger ? On t'explique comment faire monter la pression, étape par étape.

D'abord, le réflexe gagnant : tout écrire. Un signalement oral ne vaut rien le jour où ça part en vrille. Envoie un courrier recommandé avec accusé de réception qui décrit l'infestation de rats ou de souris, avec photos et dates à l'appui.

Sans réponse, tu passes à la vitesse supérieure :

  • La mise en demeure : un courrier ferme rappelant ses obligations au titre de l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, qui impose un logement décent.
  • La commission de conciliation (CDC) : gratuite, elle tente de trouver un accord à l'amiable avant d'aller plus loin.
  • Le tribunal judiciaire : en dernier recours, si rien ne bouge.

Avant tout ça, garde une trace de chaque échange. C'est ton meilleur allié.

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Faire appel à un dératiseur professionnel : quand et à quel prix

Poser deux pièges sous l'évier, ça dépanne. Mais face à une vraie colonie de rongeurs, le bricolage maison montre vite ses limites. À un moment, il faut sortir l'artillerie lourde : le dératiseur pro.

Pourquoi lui plutôt que toi ? Parce qu'il sait évaluer l'ampleur réelle de l'infestation. Quelques souris isolées dans ta cuisine, ou une invasion qui a déjà gagné les caves et les gaines techniques de tout l'immeuble ? Lui seul fait le diagnostic complet et adapte le traitement en conséquence.

Côté facture, rappelle-toi le décret n°87-713 du 26 août 1987 : la main-d'œuvre et le traitement professionnel restent à la charge du bailleur. Tu n'as pas à régler l'intervention de ta poche dans la grande majorité des cas. On détaille tout ça dans les parties suivantes.

Avant d'appeler, prends quelques photos et note les zones touchées. Ça aide le pro à cibler, et ça muscle ton dossier si ton proprio traîne des pieds.

Les situations qui justifient l'intervention d'un professionnel

Deux pièges et toujours autant de crottes une semaine plus tard ? C'est le signal. Certaines situations dépassent clairement le traitement maison :

  • L'infestation s'étend. Tu en vois en plein jour, dans plusieurs pièces, et le nombre grimpe. Une colonie de rats ou de souris se reproduit vite, trop vite pour quelques tapettes.
  • Les nuisibles reviennent. Tu bouches, tu pièges, et ils repassent. Souvent un point d'entrée caché ou un nid hors de portée.
  • Les dégâts s'accumulent. Câbles grignotés, gaines techniques colonisées, risques sanitaires : là, on ne joue plus.

Bonne nouvelle : tu peux lancer un traitement toi-même en attendant le pro, ça ne gêne pas son intervention. Et rien n'oblige légalement à passer par un professionnel. Mais pour une vraie colonie, son expertise fait gagner un temps fou et règle le problème à la racine.

Le déroulement d'un traitement anti-rongeurs

Pas de panique, un pro ne débarque pas avec un lance-flammes. L'intervention suit toujours les mêmes étapes :

  • Le diagnostic. Le dératiseur inspecte le logement, repère les points d'entrée, les zones de nidification et évalue l'ampleur de la colonie.
  • Le traitement. Pose d'appâts sécurisés, de pièges mécaniques ou de postes d'appâtage, placés hors de portée des enfants et des animaux.
  • Le suivi. Une à deux visites de contrôle pour vérifier que les rongeurs ont bien disparu et recharger les dispositifs si besoin.

Compte quelques jours à quelques semaines avant un résultat complet, selon la taille de l'infestation. Bonne nouvelle : tu peux commencer à poser tes propres pièges en attendant le rendez-vous, ça ne gêne en rien le boulot du pro derrière.

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Budget à prévoir pour une dératisation

Combien ça coûte, au juste ? Le prix d'une dératisation dépend de la taille du logement, de l'ampleur de l'infestation et du nombre de passages nécessaires. Voici les ordres de grandeur à garder en tête :


Type d'intervention Prix indicatif
Petite intervention (studio, T2) 100 à 250 € (premier traitement)
Logement plus grand ou infestation installée 250 à 500 €, voire plus si plusieurs visites
Contrat de suivi annuel quelques centaines d'euros (immeuble ou zone à risque)

Bonne nouvelle pour le locataire : ces frais de main-d'œuvre et de traitement professionnel reviennent au bailleur. Le décret n°87-713 du 26 août 1987 est clair, les coûts de dératisation ne se répercutent pas sur le locataire : ils ne figurent pas dans la liste des charges récupérables. Avant de signer un devis, demande toujours le détail des prestations et compare deux ou trois pros.

Prévenir le retour des rats et des souris dans le logement

Une dératisation réussie, c'est bien. Mais si les rongeurs reviennent trois semaines plus tard, t'as juste payé pour rien. La vraie victoire, c'est d'empêcher les rats et les souris de remettre les pattes chez toi.

Et bonne nouvelle : la prévention coûte beaucoup moins cher qu'un traitement. Quelques réflexes suffisent à transformer ton logement en forteresse anti-rongeurs.

Trois axes à travailler en parallèle :

  • Couper les accès. Une souris se faufile dans un trou de la taille d'un stylo. Repère et bouche le moindre interstice.
  • Supprimer le garde-manger. Pas de nourriture accessible, pas de raison de rester.
  • Rendre les lieux peu accueillants. Quelques répulsifs naturels font fuir les indésirables sans danger pour tes enfants ou ton chat.

On détaille chaque point juste en dessous. Que tu sois locataire ou propriétaire, ces gestes valent pour tout le monde, surtout dans les immeubles anciens où les rongeurs ont leurs habitudes.

Boucher les points d'entrée et sécuriser les accès

Un rongeur, c'est un acrobate du faufilage. Une souris passe par un trou de 6 mm, un rat par 2 cm. Autant dire que le moindre interstice est une porte ouverte. La première étape, c'est donc de jouer les détectives et de traquer chaque accès possible :

  • Les fissures et trous dans les murs, autour des plinthes et des prises.
  • Les passages de tuyaux (eau, gaz, chauffage) souvent mal calfeutrés.
  • Le bas des portes, surtout celles donnant sur l'extérieur ou la cave.
  • Les grilles d'aération et les conduits.

Pour boucher tout ça, oublie le simple mastic qu'un rongeur grignote en deux coups de dents. Mise sur de la laine d'acier, du grillage métallique fin ou du mortier. Solide, durable, infranchissable.

Le réflexe locataire

Si les points d'entrée viennent d'un défaut du bâti, c'est au proprio de mettre la main à la poche. Pense à le signaler par écrit (lettre ou e-mail) pour garder une trace en cas de litige.

Petit trou dans un mur, point d'entrée typique des souris à boucher

Bonnes pratiques d'hygiène et de stockage alimentaire

Boucher les trous, c'est la moitié du boulot. L'autre moitié, c'est de couper le buffet. Un rongeur s'installe là où il trouve à manger. Supprime la cantine, et tu deviens beaucoup moins attractif.

Quelques réflexes à adopter au quotidien :

  • Range la nourriture dans des contenants hermétiques : bocaux en verre, boîtes plastique rigides. Le carton et le sachet ouvert, c'est un libre-service pour eux.
  • Ne laisse jamais traîner de vaisselle sale ni de miettes sur le plan de travail. Un coup d'éponge le soir, ça change tout.
  • Sors tes poubelles régulièrement et opte pour une poubelle avec couvercle qui ferme bien.
  • Surveille la gamelle de ton animal : croquettes laissées la nuit = invitation ouverte.
  • Évite l'accumulation de cartons, journaux ou objets entassés. Moins de cachettes, moins de squatteurs.

Ces habitudes ne demandent pas un effort de titan, juste un peu de régularité. Et elles valent autant pour le locataire que pour éviter une nouvelle infestation après le passage d'un pro.

Répulsifs naturels sans danger pour la famille et les animaux

Une fois les trous bouchés et le garde-manger verrouillé, tu peux ajouter une couche de dissuasion. Les rongeurs détestent certaines odeurs fortes, et bonne nouvelle : la plupart sont sans danger pour les enfants et les animaux, à condition de bien doser.

Quelques répulsifs naturels qui marchent :

Répulsif Mode d'emploi Précaution
Menthe poivrée (HE) Quelques gouttes sur des cotons, près des points d'entrée À renouveler chaque semaine ; toxique pour chats et chiens à forte dose
Laurier Feuilles séchées dans les placards et coins stratégiques Sans danger, à remplacer régulièrement
Marc de café / vinaigre blanc Déposés aux endroits de passage Sans risque pour les animaux
Ultrasons Diffuseur branché en continu Efficacité variable, sans produit chimique

Attention aux animaux

L'huile essentielle de menthe est toxique pour les chats et les chiens à forte dose. Garde-la toujours hors de leur portée.


Et soyons clairs : un répulsif, ça repousse, ça n'élimine pas. C'est un complément à la prévention, pas une solution miracle contre une vraie infestation.

Risques sanitaires liés aux rats et souris dans l'habitation

Au-delà du dégoût, un rongeur dans le logement, c'est un vrai problème de santé. Rats et souris ne sont pas juste désagréables : ils transmettent des maladies et grignotent tout sur leur passage. Raison de plus pour ne pas traîner quand les premiers signes apparaissent.

Deux types de risques se cumulent. D'un côté, ce que les rongeurs peuvent te refiler (via leur urine, leurs excréments ou une morsure). De l'autre, les dégâts bien concrets qu'ils laissent derrière eux. Les deux justifient une intervention rapide, et pèsent souvent dans le débat sur qui doit payer la dératisation.

On détaille tout ça juste en dessous.

Les maladies transmissibles à l'homme

Les rongeurs trimballent leurs petits cadeaux partout : urine, excréments, salive, parasites. Et certains de ces souvenirs peuvent te rendre vraiment malade.

Quelques maladies à connaître :

  • La leptospirose : transmise par l'urine de rat, souvent via une eau ou une surface contaminée. Symptômes proches d'une grosse grippe, mais ça peut s'aggraver.
  • La salmonellose : tu la chopes en consommant des aliments souillés par leurs déjections. Bonjour les troubles digestifs.
  • L'hantavirus : plus rare mais sérieux, transmis en respirant des poussières contaminées par les déjections de souris.

Ajoute à ça les puces et acariens qu'ils transportent, et tu comprends pourquoi on ne plaisante pas avec une infestation.

Le bon réflexe : ne jamais manipuler un rongeur mort à mains nues, aérer avant de nettoyer, et désinfecter les zones touchées. Si l'invasion s'installe, un traitement professionnel devient vite indispensable pour protéger ta santé.

À ne jamais faire

Ne manipule jamais un rongeur mort à mains nues. Porte des gants, aère la pièce avant de nettoyer et désinfecte soigneusement les zones touchées pour éviter tout risque de contamination.

Les dégâts matériels causés par les rongeurs

Les maladies, c'est une chose. Mais les rongeurs ont aussi un autre talent : tout détruire. Leurs incisives poussent en continu, alors ils rongent sans arrêt pour les user. Et chez toi, ça fait des dégâts.

Dans leur ligne de mire :

  • Les câbles électriques : un grand classique. Gaines grignotées, courts-circuits, et un vrai risque d'incendie à la clé.
  • Les tuyaux et canalisations : fuites d'eau et dégâts des eaux en prime.
  • L'isolation et les cloisons : ils creusent des galeries dans la laine de verre, le placo, le bois.
  • Le mobilier et les vêtements : rien n'échappe à leurs dents.
  • La nourriture : sacs éventrés, denrées souillées, tout est bon à jeter.

Un câble rongé peut transformer une petite infestation en sinistre coûteux. D'où l'intérêt d'agir vite et de bien définir qui paie quoi avant que la facture ne grimpe.

Câble électrique endommagé sortant d'un mur, dégât typique des rongeurs

Questions fréquentes sur les rats et souris en location

Tu as encore quelques questions qui traînent ? On a regroupé les plus fréquentes ici, avec des réponses claires et sans détour.

Qui est responsable de la dératisation, le locataire ou le propriétaire ?

Ça dépend de la cause. Le principe de base : le propriétaire doit te livrer un logement décent et sans nuisibles. Si les rats ou les souris sont déjà là à ton arrivée, ou s'ils débarquent à cause d'un défaut du bâti (fissures, gaines mal bouchées, vide sanitaire non protégé), c'est à lui de payer la dératisation. De ton côté, tu dois entretenir le logement et le tenir propre. Si l'infestation vient d'un manque d'hygiène ou de déchets qui traînent, la facture peut basculer sur toi. En clair : vice de construction ou présence à l'entrée : propriétaire ; négligence du locataire : locataire ; parties communes : souvent la copropriété. Le bon réflexe ? Signaler vite, par écrit, dès les premiers signes.

Dans quels cas le locataire doit-il payer les frais de dératisation ?

Quand l'infestation vient de toi. C'est le seul cas, mais il existe. Si les rats ou les souris ont débarqué à cause d'un défaut d'entretien de ta part, c'est pour ta pomme. Concrètement, ça vise les situations comme : des poubelles qui débordent et qu'on ne sort jamais, de la nourriture laissée à l'air libre en permanence, une accumulation de déchets ou un logement laissé à l'abandon. L'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 t'oblige à assurer l'entretien courant du logement. Bonne nouvelle : depuis que la loi ELAN de 2018 a inscrit l'absence de nuisibles dans les critères de logement décent, c'est au propriétaire de prouver que c'est ta faute. Sans preuve solide, il ne peut pas te facturer quoi que ce soit.

Que faire si le propriétaire refuse d'intervenir contre les rongeurs ?

Première étape : la mise en demeure. Tu envoies un courrier recommandé avec accusé de réception à ton propriétaire, tu décris le problème, tu rappelles son obligation de te fournir un logement décent et sans nuisibles, et tu lui fixes un délai raisonnable pour agir. S'il fait toujours la sourde oreille, voici tes recours : la commission départementale de conciliation (CDC), gratuite et amiable ; l'ADIL de ton département, où des juristes t'expliquent tes droits gratos ; le tribunal judiciaire en dernier recours, pour demander des travaux forcés voire une réduction de loyer. Garde toujours des preuves : photos, échanges écrits, devis de dératiseur. Et surtout, n'arrête jamais de payer ton loyer tant que rien n'est tranché.

Les souris peuvent-elles monter sur nous pendant le sommeil ?

Bonne nouvelle : c'est très rare. Les souris ne grimpent pas sur toi par envie de faire un câlin, elles te fuient. Ce sont des animaux peureux qui évitent le contact humain au maximum. Mais ça peut arriver la nuit, car elles sont actives quand tu dors et cherchent de la nourriture. Si des miettes traînent dans ton lit ou sur ta table de chevet, tu deviens un point de passage intéressant. Pour limiter le risque : ne mange pas au lit, vide les poubelles régulièrement et bouche les trous par lesquels elles passent. Le vrai souci, ce n'est pas la souris sur l'oreiller, c'est ce que sa présence révèle : une infestation à traiter vite.

Où les rats et les souris font-ils leur nid dans un appartement ?

Les rongeurs cherchent trois choses : le calme, la chaleur et un coin sombre. Ils nichent là où tu ne mets jamais les pieds : derrière et sous les électroménagers (frigo, lave-vaisselle, four), dans les placards de cuisine, dans les combles, faux plafonds et vides sanitaires, derrière les plinthes et les cloisons via les gaines électriques, et dans les zones de stockage (cave, débarras, cartons oubliés). Les souris adorent les recoins en hauteur et les petits trous, les rats préfèrent le bas (sous-sols, canalisations, parties communes). Repère les nids (papier déchiqueté, isolant, tissu) pour cibler ton traitement.

Le réflexe qui change tout

Quoi qu'il arrive, trace tout par écrit dès le premier signe d'infestation : photos datées, courriers recommandés, devis. C'est ce qui fait pencher la balance en ta faveur si le litige finit devant la commission de conciliation ou le tribunal.

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