Assemblée générale copropriété : le guide pratique

Assemblée générale copropriété : le guide pratique

Qu'est-ce qu'une assemblée générale de copropriété ?

Imagine la réunion annuelle où se prennent toutes les grandes décisions de ton immeuble. C'est ça, l'assemblée générale de copropriété. Le moment où les copropriétaires se retrouvent pour voter le budget, les travaux, le choix du syndic et tout ce qui touche aux parties communes.

Pas de panique : c'est encadré par la loi, et chacun a son mot à dire. Tu as une suggestion pour mieux gérer ta copro ? C'est là que ça se passe.

Concrètement, l'AG sert à :

  • approuver les comptes et voter le budget prévisionnel
  • décider des travaux (entretien, rénovation, urgences)
  • désigner ou renouveler le syndic et le conseil syndical
  • modifier le règlement de copropriété si besoin

Bon à savoir

Une AG, ce n'est pas qu'une corvée administrative. C'est ton seul vrai levier de décision sur ton immeuble. Si tu ne viens pas (et que tu ne donnes pas pouvoir), d'autres voteront à ta place. Ça vaut le coup d'y mettre les pieds.

Voyons maintenant comment tout ça fonctionne, étape par étape.

Réunion d'assemblée générale de copropriété entre copropriétaires

Définition et cadre légal de l'AG (loi du 10 juillet 1965)

Tout commence avec un texte fondateur : la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. C'est elle qui pose les règles de la copropriété et définit l'assemblée générale comme son organe souverain. Traduction : c'est elle qui décide, point.

Son fonctionnement précis est détaillé dans le décret du 17 mars 1967, le compagnon technique de la loi. Ces deux textes encadrent tout :

  • la convocation et les délais à respecter
  • les règles de vote et les majorités
  • le rôle du syndic et du conseil syndical
  • la rédaction du procès-verbal

Bref, rien n'est laissé au hasard. Chaque décision prise en assemblée générale de copropriété s'appuie sur ce cadre légal. Et ça tombe bien : ça protège tout le monde, du petit proprio au gros bailleur.

Le rôle et les pouvoirs de l'assemblée générale

Concrètement, l'AG est l'organe de décision de la copropriété. C'est le seul endroit où les choix qui engagent tout l'immeuble deviennent officiels. Tant qu'une décision n'a pas été votée ici, elle n'existe pas vraiment.

Ses pouvoirs couvrent à peu près tout ce qui touche à la vie collective de l'immeuble :

  • Le budget : vote des charges prévisionnelles et validation des comptes de l'année écoulée.
  • Les travaux : ravalement, toiture, ascenseur, rénovation énergétique... rien ne se lance sans son feu vert.
  • Le syndic : nomination, renouvellement ou changement, c'est elle qui tranche.
  • Le règlement de copropriété : toute modification passe par un vote.
  • Les litiges : autorisation d'agir en justice au nom du syndicat des copropriétaires.

Bref, c'est le cerveau de la copropriété. Le syndic exécute, le conseil syndical surveille, mais c'est l'assemblée qui décide. Chaque copropriétaire y vote selon sa quote-part de parties communes (ses tantièmes). Plus tu possèdes, plus ton poids dans le vote est important.

Les différents types d'assemblées générales (ordinaire, extraordinaire)

Il existe deux grandes versions de cette réunion, et la nuance compte.

  • L'AG ordinaire : c'est le rendez-vous annuel obligatoire. On y vote l'approbation des comptes, le budget prévisionnel, on élit ou renomme le syndic, on fait le point sur les travaux courants. Elle doit se tenir au moins une fois par an, dans les six mois qui suivent la clôture de l'exercice comptable.

  • L'AG extraordinaire : celle qu'on convoque quand un sujet ne peut pas attendre la prochaine réunion annuelle. Gros ravalement urgent, fuite à régler vite, changement de syndic en pleine année... Bref, tout ce qui sort du cadre habituel.

Dans les faits, la loi ne fait pas vraiment de distinction juridique stricte entre AG ordinaire et extraordinaire : les règles de vote et de convocation restent identiques. La différence est surtout pratique. Une AG, c'est une AG. Ce qui change, c'est le timing et l'urgence du motif.

La convocation à l'assemblée générale des copropriétaires

Pas d'AG sans convocation en règle. C'est le document qui lance toute la machine : sans lui, aucune décision votée n'est valable. Le syndic doit respecter des règles précises sur le délai, le contenu et la manière d'envoyer ce courrier.

Et pas n'importe comment. La loi encadre tout, depuis qui a le droit de convoquer jusqu'aux pièces justificatives que tu dois pouvoir consulter avant le jour J. Une erreur sur l'un de ces points peut suffire à faire annuler les résolutions votées.

On déroule les quatre points qui comptent : qui peut convoquer, le délai légal des 21 jours, ce que la convocation doit obligatoirement contenir, et les modalités d'envoi (papier ou électronique). De quoi vérifier que ta prochaine convocation est carrée, que tu sois copropriétaire ou syndic.

Qui peut convoquer l'assemblée générale ?

Dans la grande majorité des cas, c'est le syndic qui s'en charge. C'est même une de ses missions phares : convoquer l'AG au moins une fois par an, et autant de fois que nécessaire dans l'année.

Mais il n'est pas le seul à pouvoir actionner le levier. D'autres acteurs entrent en jeu :

  • Le conseil syndical : si le syndic traîne ou se montre défaillant, son président peut demander la convocation. Pratique notamment pour faire désigner un nouveau syndic.
  • Un copropriétaire seul : oui, tu peux exiger la tenue d'une AG extraordinaire. Seul bémol, elle est organisée à tes frais, et tu ne peux inscrire à l'ordre du jour que des questions touchant tes propres droits ou obligations.

Petit détail qui a son importance : même quand il n'est pas à l'initiative de la réunion, c'est quand même le syndic qui envoie matériellement les convocations.

Le délai légal de convocation (21 jours)

Le chiffre à retenir, c'est 21 jours. Le syndic doit envoyer la convocation au moins 21 jours avant la date de l'assemblée générale. Ce délai est posé par l'article 9 du décret du 17 mars 1967, et il n'est pas là pour faire joli.

Concrètement, ces trois semaines te laissent le temps de :

  • Lire l'ordre du jour tranquillement et comprendre ce qui sera voté.
  • Éplucher les documents joints (comptes, devis, contrats).
  • Organiser ta présence ou préparer une procuration si tu ne peux pas venir.

Attention, ce délai peut être plus long si le règlement de copropriété le prévoit. Mais jamais plus court.

Et si le syndic l'oublie ? Les décisions votées peuvent être annulées. Un copropriétaire lésé a alors de quoi contester. Bref, le délai de convocation, ce n'est pas un détail administratif : c'est ta garantie de pouvoir voter en connaissance de cause.

Délai non respecté = décisions annulables

Si le syndic envoie la convocation moins de 21 jours avant l'AG, les résolutions votées peuvent être annulées. C'est le décret du 17 mars 1967 (article 9) qui fixe ce délai minimum, qui ne peut jamais être raccourci.

Le contenu obligatoire de la convocation

Une convocation, ce n'est pas juste une date et une adresse griffonnées sur un papier. Le contenu est encadré, et certaines mentions sont obligatoires sous peine de nullité.

Tu dois y retrouver :

  • La date, l'heure et le lieu de l'assemblée générale.
  • L'ordre du jour détaillé, avec chaque question soumise au vote (et la majorité applicable à chacune).
  • Les modalités de participation à distance si elles sont prévues (visio, vote par correspondance).
  • Les documents annexes nécessaires pour voter en connaissance de cause : devis, contrats, budget prévisionnel, comptes…

Bref, tout ce qui te permet de te prononcer sans découvrir le sujet le jour J. Une question qui n'est pas à l'ordre du jour ne peut pas être votée valablement. Si une mention obligatoire manque, la décision concernée peut être annulée.

Les modalités d'envoi (courrier, voie électronique)

Reste à savoir comment elle arrive jusqu'à toi. Deux options.

La voie classique, c'est le courrier recommandé avec accusé de réception. C'est la méthode historique, celle qui fait foi sans discussion. La date de première présentation du recommandé fait courir le fameux délai de 21 jours.

Mais il y a plus simple : la voie électronique. Depuis le décret du 21 octobre 2015, le syndic peut t'envoyer la convocation par mail, à condition que tu aies donné ton accord exprès au préalable. Pratique, rapide, et ça évite les allers-retours à La Poste.

Petit détail qui compte : ton accord doit être recueilli formellement, et tu peux le retirer à tout moment. Pas convaincu par le numérique ? Tu repasses au recommandé papier, point.

Dans les deux cas, c'est la première présentation du courrier (ou la date d'envoi du mail) qui déclenche le décompte du délai.

Convocation à l'assemblée générale de copropriété envoyée par courrier recommandé

Recommandé ou mail : ce qui déclenche le délai

Que la convocation arrive par courrier recommandé ou par voie électronique, c'est la première présentation du courrier (ou la date d'envoi du mail) qui lance le décompte des 21 jours. Pense à conserver l'accusé de réception : c'est ta preuve en cas de litige.


L'ordre du jour de l'assemblée générale

Tu as ta convocation en main. Au cœur du document, il y a une pièce maîtresse : l'ordre du jour. C'est la liste de toutes les questions qui seront débattues et soumises au vote pendant l'assemblée générale.

La règle d'or à retenir : on ne vote que sur ce qui est inscrit. Une question qui surgit en pleine séance ? Elle peut être discutée, mais aucune décision ne pourra être prise dessus. C'est tout l'enjeu d'un ordre du jour bien ficelé.

La règle d'or

On ne vote que sur ce qui est inscrit à l'ordre du jour. Toute question soulevée en séance mais absente de la liste peut être discutée, mais ne pourra jamais faire l'objet d'une décision valable.

Le contenu varie d'une copropriété à l'autre, mais on y retrouve souvent :

  • l'approbation des comptes de l'exercice écoulé
  • le vote du budget prévisionnel
  • la désignation ou le renouvellement du syndic
  • les travaux à réaliser dans l'immeuble
  • l'élection des membres du conseil syndical

Bref, tout ce qui touche à la vie et à la gestion de l'immeuble. C'est là que se jouent les vraies décisions.

Comment est fixé l'ordre du jour ?

C'est le syndic qui tient la plume. En pratique, c'est lui qui rédige l'ordre du jour et le glisse dans la convocation. Mais il ne fait pas ça tout seul dans son coin.

Le conseil syndical joue un rôle clé. Le syndic le consulte pour établir la liste des questions. C'est logique : ce sont les copropriétaires impliqués au quotidien, ils savent ce qui doit être traité.

Et toi, simple copropriétaire ? Tu n'es pas spectateur. Tu as le droit de demander l'inscription d'une question à l'ordre du jour, à condition de respecter la procédure (on y vient juste après).

Petit point important : seules les questions inscrites à l'ordre du jour peuvent être votées. Tout ce qui surgit en séance hors de cette liste n'a aucune valeur de décision.

Inscrire une question à l'ordre du jour

Le syndic rédige l'ordre du jour, oui. Mais tu n'es pas obligé de subir sa liste sans broncher. En tant que copropriétaire, tu as le droit d'y ajouter tes propres questions.

La marche à suivre est simple : tu envoies ta demande au syndic, par lettre recommandée avec accusé de réception, en précisant clairement la question à inscrire. Le mieux, c'est de t'y prendre tôt, avant que la convocation ne parte.

Quelques règles à garder en tête :

  • Une question = un seul point soumis au vote. Pas de fourre-tout.
  • La formulation doit être claire et précise, pour que tout le monde sache sur quoi il vote.
  • Si ta question l'exige (travaux, dépense...), joins les documents nécessaires : devis, plans, etc.

Anticipe

Une question évoquée le jour J mais absente de l'ordre du jour peut être discutée, jamais votée. Envoie ta demande d'inscription au syndic en recommandé, bien avant l'envoi de la convocation.

Les documents à joindre à l'ordre du jour

Un ordre du jour, c'est bien. Mais sans les pièces qui vont avec, tu votes à l'aveugle. La loi oblige donc le syndic à joindre à la convocation tous les documents utiles pour que tu puisses te décider en connaissance de cause.

Ce qui doit accompagner l'ordre du jour dépend des questions soumises au vote. En clair :

Type de question Documents à joindre
Comptes et budget prévisionnel Annexes comptables, état des dépenses, projet de budget pour l'année à venir
Travaux Plusieurs devis pour comparer
Contrats Projet de mandat du syndic, contrats d'entretien, d'assurance, etc.
Décisions techniques Plans ou documents techniques selon la nature des décisions

Pas de document joint, pas de vote valable sur la question concernée. Un copropriétaire peut donc faire annuler une décision prise sans les pièces obligatoires. Lis-les avant le jour J, c'est le seul moyen de voter malin.

Qui participe à l'assemblée générale de copropriété ?

Tout le monde n'a pas la même place autour de la table. Une assemblée générale de copropriété réunit plusieurs profils, chacun avec son rôle et ses droits.

On retrouve principalement :

  • Les copropriétaires, les seuls à voter. Chacun pèse selon sa quote-part de tantièmes.
  • Le syndic, qui organise la réunion mais ne vote pas (sauf s'il est lui-même copropriétaire).
  • Le conseil syndical, qui fait le lien et donne son avis.
  • Les mandataires, présents à la place d'un copropriétaire absent grâce à une procuration.

Et parfois, des observateurs extérieurs (locataire, architecte, expert) peuvent assister à tout ou partie de la séance, à condition que l'assemblée l'accepte.

Bref, ce n'est pas une réunion ouverte à tous les vents. C'est un moment cadré où chaque participant a une fonction précise. On détaille tout ça juste en dessous.

Copropriétaires qui consultent des documents pendant l'assemblée générale

Pour y voir clair sur qui fait quoi, voici un récapitulatif des participants et de leur rôle :

Participant Vote ? Rôle principal
Copropriétaire Oui (selon tantièmes) Décide des résolutions
Syndic Non (sauf si copropriétaire) Convoque, anime, rédige le PV
Conseil syndical Oui (membres copropriétaires) Contrôle le syndic, fait le lien
Mandataire Oui (au nom du représenté) Représente un copropriétaire absent
Observateur extérieur Non Assiste, conseille, n'intervient pas

Les copropriétaires et leurs droits de vote

Les copropriétaires sont les acteurs principaux de l'assemblée générale. Chacun y siège grâce à ses tantièmes, ces parts qui définissent ton poids dans la copropriété. Plus tu détiens de tantièmes, plus tu pèses dans les votes.

Concrètement, ton droit de vote n'est pas un simple "oui/non" à une voix. Il est proportionnel à ta quote-part dans les parties communes. Si tu possèdes 200 tantièmes sur 1 000, tu disposes de 200 voix. Logique.

Quelques points à garder en tête :

  • Un seul vote par lot : ton nombre de voix correspond à tes tantièmes, pas au nombre de personnes qui t'accompagnent.
  • Le plafonnement : si tu détiens à toi seul plus de la moitié des tantièmes, tes voix sont réduites à la somme des autres copropriétaires. Histoire d'éviter qu'un seul gros propriétaire décide de tout.
  • Présent ou absent : les décisions votées s'imposent à tous, même à ceux qui n'ont pas fait le déplacement.

Bon à savoir

Les décisions votées en assemblée générale s'imposent à tous les copropriétaires, même absents. Mieux vaut donc participer ou donner procuration pour ne pas subir un vote sans y avoir pris part.

Bref, ta voix compte à hauteur de ce que tu possèdes.

Le syndic et le conseil syndical

Deux acteurs clés complètent le tableau, sans détenir forcément de tantièmes pour autant.

Le syndic orchestre toute l'opération. C'est lui qui convoque l'assemblée, prépare l'ordre du jour, anime souvent la séance et rédige le procès-verbal. Bref, le chef d'orchestre administratif. En revanche, il ne vote pas, sauf s'il est lui-même copropriétaire.

Le conseil syndical, lui, joue le rôle de garde-fou. Composé de copropriétaires élus, il contrôle la gestion du syndic et fait le lien entre les copropriétaires et ce dernier. Il peut ajouter des sujets à l'ordre du jour et, en cas de pépin, reprendre la main : si le syndic est empêché (maladie, accident) ou reste inactif malgré une mise en demeure, le président du conseil syndical peut convoquer lui-même une AG, notamment pour désigner un nouveau syndic.

Tu veux creuser tes droits face à un syndic qui traîne ? On a un guide sur le refus du syndic de mettre un point à l'ordre du jour.

Donner son pouvoir à un mandataire (procuration)

Pas dispo le jour J ? Pas de panique. Tu peux te faire représenter en donnant ton pouvoir à un mandataire. C'est l'option idéale quand tu ne peux pas assister à l'assemblée générale mais que tu veux quand même peser dans les votes.

Le principe est simple :

  • Tu choisis qui tu veux : copropriétaire ou non, ce n'est pas une obligation. Un ami, un proche, n'importe qui de confiance peut te représenter.
  • Mandat écrit obligatoire : un simple papier libre suffit, avec ou sans instruction de vote.
  • Trois mandats maximum par personne. Au-delà, c'est possible uniquement si le total des voix du mandataire ne dépasse pas 10 % des voix de la copropriété.

Pouvoir en blanc

Si tu remets un pouvoir « en blanc » (sans nom) au syndic, il ne peut pas l'utiliser pour voter lui-même. Une garantie anti-conflit d'intérêts plutôt rassurante.

La présence d'observateurs extérieurs

En principe, l'assemblée générale réunit les copropriétaires, leurs mandataires et le syndic. Pas le grand public. Un voisin curieux ou un ami ne peut pas s'inviter pour assister aux débats : l'AG n'est pas une réunion ouverte.

Mais il y a des exceptions. Tu peux te faire accompagner par un conseiller (avocat, expert technique, gestionnaire) pour t'aider à comprendre un point précis de l'ordre du jour. Cette personne assiste, mais ne vote pas et ne participe pas aux délibérations.

Pour qu'un tiers entre, mieux vaut l'accord de l'assemblée. Le président de séance gère l'accès et peut refuser une présence non justifiée. Dans le doute, préviens le syndic en amont. Ça évite les blocages le jour J et garde l'ambiance sereine.

Le déroulement de l'assemblée générale le jour J

Le jour J, tout suit un déroulé bien rodé. Pas d'improvisation : une assemblée générale de copropriété, ça se cadre du début à la fin.

On commence par vérifier qui est là, puis on désigne ceux qui mèneront la séance. Ensuite, on attaque les questions une par une, dans l'ordre de l'ordre du jour. Chaque sujet est présenté, débattu, puis soumis au vote.

Petit point à connaître : seuls les sujets inscrits à l'ordre du jour peuvent faire l'objet d'un vote. Si une question imprévue surgit en fin de réunion, tu pourras en discuter, mais pas la voter. Elle attendra la prochaine AG.

Le tout se termine par la rédaction du procès-verbal, qui acte les décisions prises. On y revient plus bas. Pour l'instant, voyons comment se passe concrètement chaque étape de la réunion.

Vote à main levée pendant une assemblée générale de copropriété

La feuille de présence et le contrôle du quorum

Première étape obligatoire : la signature de la feuille de présence. Chaque copropriétaire (ou son mandataire) la signe en arrivant. Ce document liste le nom, le domicile et les tantièmes de chacun. Bref, qui est là et pour combien de voix.

Attention, ce n'est pas qu'une formalité. Sans feuille de présence, l'assemblée générale peut être annulée. Elle sera d'ailleurs jointe en annexe au procès-verbal pour garder une trace officielle.

Une fois les signatures recueillies, le syndic compte les tantièmes présents et représentés. C'est ce calcul qui détermine si certaines décisions peuvent être votées : pour les sujets soumis à la majorité absolue de l'article 25 ou plus, il faut réunir assez de voix. Pas assez de monde ? Certaines questions devront attendre, ou faire l'objet d'un second vote.

La désignation du président de séance et du secrétaire

Une fois la feuille de présence bouclée, l'assemblée se choisit un chef d'orchestre. Le président de séance est désigné parmi les copropriétaires présents, par un vote à la majorité simple. C'est lui qui mène les débats, donne la parole et veille à ce que tout reste carré.

Le secrétariat, lui, revient au syndic par défaut. C'est sa mission : il prend des notes et rédige le procès-verbal au fil de la réunion.

L'assemblée peut aussi nommer un ou plusieurs scrutateurs, toujours parmi les copropriétaires. Leur rôle : vérifier le décompte des voix et fiabiliser les résultats des votes.

À la fin, ce trio (président, scrutateurs, syndic) signe le PV. Pas de signature, pas de document valable.

Rôle Qui l'occupe Mission principale
Président de séance Un copropriétaire présent (vote majorité simple) Mener les débats et donner la parole
Secrétaire Le syndic (par défaut) Prendre des notes et rédiger le procès-verbal
Scrutateur(s) Un ou plusieurs copropriétaires Vérifier le décompte des voix et fiabiliser les votes

L'examen des questions et le débat

Place au cœur de la réunion. On reprend l'ordre du jour point par point, dans l'ordre. Chaque question est présentée, débattue, puis soumise au vote. Pas de mélange : on traite un sujet, on vote, on passe au suivant.

Les copropriétaires peuvent poser leurs questions, demander des précisions, défendre leur point de vue. C'est le moment de faire entendre ta voix sur les travaux, le budget ou tout autre sujet inscrit. Le syndic, lui, apporte les infos techniques et les devis nécessaires.

Petit piège à connaître : seules les questions inscrites à l'ordre du jour peuvent être votées. Si un sujet surgit en cours de séance (les fameuses « questions diverses »), tu peux en discuter, mais aucune décision ne pourra être prise dessus. Il faudra l'inscrire à la prochaine AG pour le mettre au vote.

Au fil des votes, le secrétaire note tout : résultats, voix pour, contre, abstentions. Ces données alimenteront le procès-verbal.

La participation à distance (visioconférence, vote par correspondance)

Pas obligé d'être physiquement dans la salle pour voter. Depuis le décret du 27 juin 2019, tu peux participer à l'assemblée générale de copropriété à distance, par visioconférence ou tout moyen électronique permettant de t'identifier. Pratique si tu habites loin ou que tu ne peux pas te libérer ce jour-là.

Comment ça marche concrètement :

  • Sur la base d'un devis fourni par le syndic ou le conseil syndical, l'assemblée vote les outils techniques à mettre en place. Le coût est supporté par le syndicat des copropriétaires.
  • Tu peux aussi voter par correspondance, avant la réunion, via un formulaire dédié.

Bonne nouvelle : tous ces votes à distance comptent autant que les votes en présentiel. Ils sont intégrés au décompte final et apparaissent dans le procès-verbal. Personne n'est lésé parce qu'il n'a pas pu venir.

Les règles de majorité et le vote en assemblée générale

Voici le nerf de la guerre. Toutes les décisions ne se votent pas de la même façon : plus l'enjeu est lourd, plus la majorité requise est exigeante. La loi du 10 juillet 1965 prévoit quatre régimes de majorité, et savoir lequel s'applique à quoi t'évite bien des surprises le jour J.

Majorité Article Comment ça se calcule Exemples de décisions
Simple 24 Majorité des voix des présents et représentés Travaux d'entretien, budget, approbation des comptes
Absolue 25 Majorité de toutes les voix du syndicat Désignation du syndic, travaux d'économie d'énergie
Double 26 2/3 des voix + majorité des copropriétaires Modification du règlement, vente de parties communes
Unanimité - Toutes les voix, sans exception Changement de destination, aliénation de parties communes essentielles

Le principe est simple : plus la décision touche à la structure de la copropriété ou aux droits de chacun, plus le seuil monte. On détaille chaque cas juste en dessous.

La majorité simple (article 24)

C'est la majorité la plus souple, et donc la plus courante. On compte les voix des copropriétaires présents ou représentés le jour de l'AG. Les absents qui n'ont pas donné pouvoir ? Pas comptés. Les abstentions ? Ignorées aussi.

Concrètement : la décision passe si elle obtient plus de voix pour que contre, parmi ceux qui votent. Rappel utile : chaque copropriétaire a un nombre de voix proportionnel à ses tantièmes (sa quote-part dans l'immeuble). Plus ton lot est grand, plus ton poids dans le vote est lourd.

À quoi sert l'article 24 ? À toute la gestion courante de la copropriété :

  • les travaux d'entretien et les travaux obligatoires,
  • l'assurance de l'immeuble,
  • l'approbation des comptes annuels,
  • l'installation d'équipements simples (antenne, matériel de sécurité…).

Bref, le quotidien de la copro. Rien de spectaculaire, mais c'est ce qui fait tourner la boutique.

La majorité absolue (article 25)

On monte d'un cran. Ici, il faut réunir la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents. Pas seulement ceux qui sont dans la salle. Concrètement, on additionne les tantièmes et il faut dépasser 50 % du total.

Cette majorité plus exigeante concerne les décisions qui pèsent plus lourd :

  • la désignation ou la révocation du syndic
  • les travaux d'économies d'énergie
  • le ravalement de façade quand il s'accompagne de travaux d'amélioration (un simple ravalement d'entretien relève de l'article 24)
  • la création d'espaces verts
  • l'autorisation donnée à un copropriétaire de modifier l'aspect extérieur de l'immeuble

Logique : plus l'enjeu engage la copropriété, plus le seuil grimpe. L'absentéisme peut vite bloquer un vote. C'est pour ça qu'un mécanisme de secours existe, histoire d'éviter la paralysie.

Le mécanisme des passerelles (article 25-1)

Le souci avec la majorité absolue, c'est qu'elle peut bloquer une AG quand trop de monde manque à l'appel. C'est là qu'intervient la passerelle de l'article 25-1.

Le principe est simple : si une résolution recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité requise, on peut la revoter immédiatement, lors de la même assemblée, à la majorité simple de l'article 24. Plus besoin de reconvoquer tout le monde.

Résultat : moins de décisions qui traînent, moins de réunions inutiles. Pratique pour débloquer un budget travaux qui frôlait le seuil sans l'atteindre.

Le réflexe passerelle

Si un vote échoue de peu à la majorité absolue mais dépasse le tiers des voix, demande tout de suite un second vote à la majorité simple. Beaucoup de copropriétaires ignorent cette possibilité et reconvoquent une AG entière pour rien.

La double majorité (article 26)

Encore un cran au-dessus. Cette fois, il faut réunir deux conditions en même temps :

  • la majorité des copropriétaires (la moitié + 1, peu importe leurs voix),
  • qui représentent au moins deux tiers des voix de la copropriété.

Les deux seuils doivent tomber, sinon la décision est rejetée. C'est volontairement exigeant, parce qu'on touche à du lourd.

On parle ici des décisions qui changent vraiment la copropriété : acquisition ou vente de parties communes, modification du règlement de copropriété quand ça concerne la jouissance ou l'usage des parties communes, ou encore certaines transformations importantes.

Bon à savoir : si un premier tour à la double majorité recueille l'approbation d'au moins la moitié des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance, représentant au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, on peut enchaîner immédiatement sur un second tour à la majorité absolue (article 25). C'est la passerelle de l'article 26-1, bien pratique pour éviter le blocage.

L'unanimité

Le sommet de l'échelle. Ici, pas de demi-mesure : il faut le vote favorable de tous les copropriétaires, sans exception. Une seule voix contre, et c'est mort.

Pourquoi un tel niveau d'exigence ? Parce que les décisions concernées touchent au cœur même de la copropriété. On parle de choses sérieuses :

  • la vente de parties communes essentielles à l'usage de l'immeuble,
  • une modification de la répartition des charges qui désavantage certains copropriétaires,
  • le changement de destination de l'immeuble.

À noter : depuis la loi ALUR de 2014, la surélévation de l'immeuble ne relève plus de l'unanimité mais de la double majorité de l'article 26.

Autant dire que l'unanimité reste rare en pratique. Plus il y a de monde dans la copropriété, plus c'est compliqué de mettre tout le monde d'accord. Un copropriétaire absent qui n'a pas donné pouvoir suffit à faire capoter le vote. C'est la majorité la plus protectrice, mais aussi la plus difficile à décrocher.

Les règles spécifiques aux petites copropriétés

Petite copro, règles allégées. Depuis l'ordonnance du 30 octobre 2019 (prise en application de la loi ELAN), les copropriétés d'au plus 5 lots à usage de logements, bureaux ou commerces (ou au budget moyen inférieur à 15 000 euros), ainsi que celles à 2 copropriétaires, profitent d'un fonctionnement simplifié.

Concrètement :

  • Copropriété à 2 copropriétaires : celui qui détient plus de la moitié des voix peut prendre seul les décisions relevant de l'article 24 et désigner le syndic. Pour les décisions de l'article 25, il lui faut au moins les deux tiers des voix. Pratique quand l'autre traîne des pieds.
  • Au plus 5 lots (ou budget moyen sous 15 000 euros) : pas d'obligation de conseil syndical, comptabilité simplifiée, et surtout la possibilité de prendre les décisions à l'unanimité par simple consultation écrite, sans réunir d'assemblée générale (sauf pour le budget prévisionnel et l'approbation des comptes).

Le but ? Éviter qu'une mini-copro reste bloquée ou croule sous la paperasse pour voter le moindre ravalement. Moins de formalisme, des décisions qui avancent.

Pour le reste (convocation, ordre du jour, procès-verbal), les règles de base s'appliquent toujours.

Après l'assemblée générale : procès-verbal et recours

L'AG est terminée, tout le monde rentre chez soi. Mais le travail n'est pas fini. Place à la paperasse officielle et, parfois, aux contestations.

Toute décision votée doit être consignée noir sur blanc. C'est le rôle du procès-verbal, ce document qui fait foi en cas de litige. Ensuite, il faut le notifier aux copropriétaires, dans les règles. Et si une décision te semble illégale ou abusive ? Tu as un droit de recours, mais attention au compte à rebours.

On déroule tout ça point par point.

La rédaction et le contenu du procès-verbal (PV)

Le procès-verbal, c'est la mémoire officielle de ton AG. Sans lui, aucune décision n'a de valeur juridique. Sa rédaction revient au secrétaire de séance, généralement le syndic, et elle se fait pendant ou juste après la réunion.

Pour être valable, le PV doit contenir des infos précises (décret du 17 mars 1967) :

  • la date et le lieu de l'assemblée
  • les questions de l'ordre du jour examinées
  • le résultat de chaque vote, avec le nom des copropriétaires opposants ou abstentionnistes et le nombre de voix
  • les réserves éventuelles des copropriétaires
  • la signature du président, du secrétaire et des scrutateurs

Ce dernier point est crucial. En cas de contestation, savoir qui a voté contre détermine qui peut attaquer la décision. Donc oui, chaque ligne compte. Un PV bâclé, c'est la porte ouverte aux litiges.

La notification du procès-verbal aux copropriétaires

Le PV signé, ce n'est pas fini. Le syndic doit ensuite le notifier aux copropriétaires opposants ou défaillants (absents et non représentés), et il a un délai précis pour le faire : un mois maximum après la tenue de l'assemblée générale. Les autres copropriétaires, eux, en reçoivent une copie par envoi simple.

Côté envoi, deux options :

  • Lettre recommandée avec accusé de réception, la méthode classique.
  • Voie électronique, si le copropriétaire a donné son accord au préalable.

Pourquoi ce délai compte autant ? Parce que c'est la notification du procès-verbal qui fait courir le délai de recours de deux mois pour contester une décision. Pas de notification, pas de point de départ. Les copropriétaires absents ou opposants, eux, reçoivent une mention spéciale précisant qu'ils peuvent contester les résolutions adoptées.

Bref, cette étape n'a rien d'une formalité. Elle conditionne la suite, surtout si quelqu'un compte attaquer un vote.

Comment contester une décision d'assemblée générale ?

Pas d'accord avec une décision votée ? Tu peux la contester, mais sous conditions strictes. Seuls les copropriétaires opposants (ceux qui ont voté contre) et les absents peuvent saisir le tribunal. Si tu as voté pour ou si tu t'es abstenu, c'est mort : tu es considéré comme d'accord.

La contestation se fait devant le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble. Tu dois passer par un avocat, l'assignation du syndic (qui représente le syndicat des copropriétaires) étant obligatoire.

Quelques motifs valables :

  • une décision votée à une majorité non conforme à la loi
  • une convocation envoyée hors délai ou incomplète
  • une question votée alors qu'elle n'était pas à l'ordre du jour
  • un abus de majorité manifeste

Attention : contester, c'est long et ça coûte. Avant de foncer, vérifie que ton recours tient vraiment la route.

Le délai de recours de deux mois

Attention, tu n'as pas une éternité pour agir. La loi te laisse deux mois pour contester une décision d'AG, et ce délai est non négociable. Passé ce cap, la décision devient définitive, même si elle était bancale.

Le point de départ ? Pas la date de l'assemblée, mais la réception du procès-verbal. C'est à partir de ce moment-là que ton compteur tourne. D'où l'intérêt de garder une preuve de la date à laquelle tu l'as reçu (accusé de réception, horodatage du courrier électronique).

Concrètement, ce délai s'appuie sur l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Pour agir, tu dois saisir le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble avant la fin des deux mois. Un conseil : ne traîne pas. Entre rassembler tes arguments et prendre un avocat, le temps file vite. Mieux vaut t'y mettre dès réception du PV.

Délai impératif

Le délai de recours de deux mois part de la réception du procès-verbal, pas de la date de l'AG. Passé ce délai, la décision devient définitive, même si elle était irrégulière. Conserve toujours une preuve de la date de réception du PV.

Questions fréquentes sur l'assemblée générale de copropriété

Quelques questions reviennent tout le temps. On te les regroupe ici, avec des réponses claires.

Qui peut convoquer une assemblée générale de copropriété ?

En principe, c'est le syndic qui convoque l'assemblée générale, au moins une fois par an. Mais le conseil syndical ou un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un quart des voix peuvent aussi demander la tenue d'une assemblée. Si le syndic ne réagit pas dans le délai imparti, le président du conseil syndical peut prendre le relais.

Quel est le délai de convocation à respecter ?

La convocation doit être envoyée au moins 21 jours avant la date de l'assemblée générale, sauf urgence ou délai plus long prévu par le règlement de copropriété. Ce délai permet à chaque copropriétaire de prendre connaissance de l'ordre du jour et des documents joints.

Peut-on voter à distance ou par procuration ?

Oui. Un copropriétaire absent peut donner procuration à une personne de son choix pour voter en son nom. Il est aussi possible de voter par correspondance grâce au formulaire dédié, ou de participer à distance en visioconférence si le syndic a mis en place ce dispositif.

Que se passe-t-il si le quorum n'est pas atteint ?

Le quorum à proprement parler ne s'applique pas systématiquement en copropriété : les décisions sont prises selon des règles de majorité qui dépendent de la nature de la question. Si une majorité n'est pas obtenue pour certaines décisions, une seconde assemblée peut être convoquée avec des règles de majorité assouplies.

Comment contester une décision d'assemblée générale ?

Un copropriétaire opposant ou défaillant dispose d'un délai de 2 mois à compter de la notification du procès-verbal pour contester une décision devant le tribunal judiciaire. Passé ce délai, les décisions deviennent définitives et ne peuvent plus être remises en cause.

Le procès-verbal est-il obligatoire ?

Oui, le procès-verbal est obligatoire. Il consigne toutes les décisions votées, le résultat des votes et l'identité des copropriétaires opposants ou défaillants. Il doit être notifié aux copropriétaires absents ou opposants, et c'est lui qui fait courir le délai de contestation.

L'assemblée générale est-elle obligatoire chaque année ?

Oui, et c'est même non négociable. La loi impose au syndic de réunir les copropriétaires au moins une fois par an en assemblée générale ordinaire. Cette AG annuelle sert à voter les comptes, le budget prévisionnel et les décisions courantes de la copropriété.

Mais rien n'empêche d'en organiser plusieurs dans l'année. Besoin de voter des travaux urgents qui ne peuvent pas attendre la prochaine réunion ? Une assemblée générale extraordinaire peut être convoquée à tout moment, en plus de l'AG annuelle obligatoire.

En clair : une AG minimum par an, et autant que nécessaire selon les imprévus. Si ton syndic zappe cette obligation, c'est un motif sérieux de rappel à l'ordre, voire de changement de syndic.

Que se passe-t-il si aucune décision n'est votée ?

Ça arrive plus souvent qu'on ne le croit. Quand une résolution n'obtient pas la majorité requise, elle est tout simplement rejetée. Pas de décision, pas d'action : le sujet reste en suspens. Concrètement, ça peut bloquer des travaux, le vote du budget ou le choix d'un prestataire.

Plusieurs options s'offrent alors à la copropriété :

  • Reporter la question à une prochaine assemblée générale, après avoir affiné le projet ou les devis.
  • Convoquer une AG extraordinaire si le sujet est urgent et ne peut pas attendre la réunion annuelle.
  • Jouer la passerelle de l'article 25-1, qui permet parfois de revoter une décision à une majorité plus souple dans la foulée.

Un blocage répété peut aussi cacher un vrai désaccord de fond. Dans ce cas, mieux vaut clarifier les enjeux avant de représenter la résolution.

Peut-on tenir une AG entièrement à distance ?

Bonne nouvelle : oui, c'est possible. Depuis la loi ELAN et le décret du 27 juin 2019, une AG peut se tenir entièrement à distance, en visioconférence ou par tout moyen de communication électronique permettant l'identification des copropriétaires.

Mais il y a des conditions. Le recours au tout-distanciel doit être voté au préalable en assemblée générale, à la majorité simple de l'article 24. Le syndic doit aussi garantir un dispositif fiable : participation, prise de parole, vote sécurisé. Pas question de bricoler ça sur un coin de table.

En pratique, on croise souvent des AG hybrides : certains sur place, d'autres connectés à distance. Le vote par correspondance vient compléter le tout pour ceux qui ne peuvent pas se libérer. Résultat : plus personne n'a d'excuse pour rater le rendez-vous.

Un copropriétaire absent est-il engagé par les votes ?

Oui, et c'est tout l'esprit de la copropriété : une fois la décision votée, elle s'applique à tout le monde. Même à ceux qui n'étaient pas là.

Concrètement, un copropriétaire absent et non représenté est ce qu'on appelle un défaillant. Il est engagé par les votes de l'assemblée générale, qu'il les approuve ou non. La majorité a tranché, point.

Mais il n'est pas totalement démuni. Comme le copropriétaire opposant (celui qui a voté contre une résolution adoptée), le défaillant dispose d'un droit de recours. Il peut contester une décision devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal.

Le réflexe à adopter

Si tu ne peux pas venir, donne ton pouvoir à un mandataire avant l'AG. C'est le seul moyen de faire entendre ta voix sans bouger de ton canapé et d'éviter le statut de « défaillant ».

Combien de temps faut-il conserver les procès-verbaux ?

La règle est simple : on garde tout, et longtemps. Les procès-verbaux d'assemblée générale sont consignés dans un registre tenu par le syndic, et chaque PV doit être conservé au moins 5 ans, la durée de prescription des actions en copropriété. Dans les faits, mieux vaut ne jamais les jeter.

Pourquoi si longtemps ? Parce qu'un PV, c'est ta preuve. En cas de litige, de contestation tardive ou de revente du lot, il peut être réclamé. Un acquéreur voudra souvent consulter les PV des dernières AG avant d'acheter : ils révèlent les travaux votés, les éventuels conflits et la santé financière de la copro.

Côté conservation, voilà l'essentiel :

  • Le syndic archive les PV et les tient à disposition des copropriétaires.
  • Chaque copropriétaire a tout intérêt à garder ses propres copies, idéalement sans limite de durée.
  • Le registre des PV doit rester accessible à tout moment.

Un conseil de pote : numérise-les. Un dossier bien rangé t'évitera de fouiller dans des cartons le jour où ça compte vraiment.

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