Refus syndic ordre du jour : quels sont tes droits ?

Refus syndic ordre du jour : quels sont tes droits ?

L'obligation légale du syndic d'inscrire toutes les questions à l'ordre du jour

Bonne nouvelle : le syndic n'a pas le choix. Dès que les conditions de forme sont respectées, il est légalement obligé d'inscrire ta question à l'ordre du jour. Pas de marge de manœuvre, pas de pouvoir discrétionnaire. La loi est claire là-dessus, et la jurisprudence récente ne laisse aucune place à l'interprétation.

Ce que dit l'article 10 du décret du 17 mars 1967

L'article 10 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 est formel : "À tout moment, un ou plusieurs copropriétaires, ou le conseil syndical, peuvent notifier au syndic la ou les questions dont ils demandent qu'elles soient inscrites à l'ordre du jour d'une assemblée générale." Le syndic doit les porter à l'ordre du jour de la prochaine AG. Si le délai ne le permet pas, elles passent à l'assemblée suivante. Point.

Ce que dit la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967

La loi du 10 juillet 1965 pose le cadre général de la copropriété. C'est le décret du 17 mars 1967 qui précise les règles de fonctionnement de l'assemblée générale, notamment à son article 10. Ensemble, ils forment un duo solide : le copropriétaire a le droit de soumettre une question, le syndic a l'obligation de l'inscrire. Aucun texte ne lui permet de filtrer les demandes selon son bon vouloir.

Deux textes à connaître par coeur. D'abord, l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 : il définit les missions du syndic et pose clairement qu'il ne peut pas se faire juge de l'opportunité d'une question. Si tu la poses dans les règles, il l'inscrit. Point.

Ensuite, l'article 10 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 : c'est le texte opérationnel. Il précise qu'à tout moment, un ou plusieurs copropriétaires - ou le conseil syndical - peuvent notifier au syndic une ou plusieurs questions à inscrire à l'ordre du jour d'une assemblée générale.

Ce que ça change concrètement :

  • Le syndic n'a aucun pouvoir d'appréciation sur le fond de ta demande
  • L'obligation vaut même si la question lui déplaît ou le met en cause
  • En cas de refus, il engage sa responsabilité civile

Ces deux textes forment le socle légal de tout recours. Garde-les sous la main.

À retenir

En cas de refus d'inscription, le syndic engage sa responsabilité civile. Ces deux textes (loi du 10 juillet 1965 et décret du 17 mars 1967) constituent le socle légal de tout recours. Garde-les sous la main.

Quelles questions le syndic est-il tenu d'inscrire sans exception ?

Toute question relevant de la gestion de la copropriété peut être soumise. Travaux, changement de prestataire, contestation d'honoraires, modification du règlement... Si ça concerne la vie de la copropriété et que la demande est bien formulée, le syndic inscrit. Sans discussion. La jurisprudence a même retenu des cas où le refus d'inscrire une question sur le remboursement d'honoraires d'avocat a été sanctionné.

Toutes les questions soumises dans les règles ont le droit d'atterrir à l'ordre du jour. Mais certaines sont carrément incontournables, peu importe ce que le syndic en pense.

Type de question Obligation d'inscription
Demandes des copropriétaires (dans les délais, avec projet de résolution) Obligatoire
Questions du conseil syndical Obligatoire (droit direct)
Renouvellement ou révocation du syndic Obligatoire sur demande formelle
Travaux urgents ou obligatoires imposés par la loi Obligatoire
Comptes annuels et budget prévisionnel Inscrit d'office chaque année

Ce que le syndic ne peut pas faire : filtrer selon ses propres intérêts. S'il gère un litige ou perçoit des honoraires contestés, il reste tenu d'inscrire la question, même si elle le concerne directement.

Les limites de cette obligation : ce que le syndic peut légitimement écarter

L'obligation n'est pas absolue. L'obligation du syndic a ses limites. Et c'est normal, sinon n'importe qui pourrait bloquer une assemblée avec des demandes fantaisistes.

Ce que le syndic peut légitimement écarter :

  • Une demande hors délai. Si tu transmets ta question trop tard avant l'assemblée, le syndic n'est pas responsable de l'absence d'inscription. Aucun recours possible sur ce point.
  • Une demande incomplète. Sans projet de résolution rédigé ou sans les pièces justificatives requises, la demande n'est pas recevable.
  • Une question manifestement étrangère à la copropriété. Si le sujet ne concerne pas la gestion des parties communes ou la vie de la copropriété, le syndic peut l'écarter.

En revanche, dès que ta demande est formulée dans les règles et dans les délais, le syndic ne peut pas jouer les arbitres. Il n'a pas à juger si ta question est "pertinente" ou "utile". Son rôle, c'est d'inscrire, pas de filtrer.

Attention aux délais

Une demande transmise trop tard avant l'assemblée ne peut pas être inscrite à l'ordre du jour en cours. Dans ce cas, aucun recours n'est possible : la question sera reportée à l'assemblée suivante. Anticipe toujours ta demande.

Les conditions de forme à respecter pour demander une inscription à l'ordre du jour

Respecter les règles de forme, c'est la base. Un syndic peut légitimement ignorer ta demande si tu n'as pas coché toutes les cases, et là, il aura raison. Voici ce qu'il faut maîtriser avant d'envoyer quoi que ce soit.

Condition Ce qui est requis Conséquence si non respecté
Qui peut demander Tout copropriétaire, le conseil syndical ou le syndicat Demande irrecevable si émise par un tiers
Forme de la demande Lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) Demande ignorée sans recours possible
Contenu obligatoire Projet de résolution rédigé + pièces justificatives si nécessaire Syndic en droit d'écarter la demande
Délai Avant l'envoi des convocations (pas de date légale fixe) Renvoi à l'AG suivante si demande tardive

Qui peut soumettre une question : copropriétaire, conseil syndical ou syndicat ?

Bonne nouvelle : tu n'as pas besoin d'être une majorité pour faire entendre ta voix. L'article 10 alinéa 1 du décret du 17 mars 1967 est clair là-dessus.

Peuvent demander l'inscription d'une question à l'ordre du jour :

  • Un copropriétaire seul : même si tu détiens une seule quote-part, tu as le droit de soumettre une question
  • Plusieurs copropriétaires ensemble : une demande collective, ça pèse plus lourd en pratique
  • Le conseil syndical : en tant qu'organe représentatif, il peut notifier le syndic à tout moment

Ce que le texte précise bien : cette notification peut intervenir "à tout moment". Pas besoin d'attendre une convocation ou une réunion préalable. Tu identifies un problème, tu notifies le syndic. C'est aussi simple que ça.

En revanche, un simple locataire ou un tiers extérieur à la copropriété ? Aucun droit d'inscription. Seuls les membres du syndicat des copropriétaires sont concernés.

Notification à tout moment, sans condition

La notification au syndic peut intervenir "à tout moment", pas besoin d'attendre une convocation ou une réunion préalable. Un copropriétaire seul, même minoritaire, dispose de ce droit au même titre que le conseil syndical.

Le délai impératif pour transmettre sa demande avant l'assemblée générale

Le timing, c'est tout. Tu peux avoir la meilleure question du monde, si elle arrive trop tard, le syndic n'a pas à l'inscrire, et il aura la loi pour lui.

La règle est posée à l'article 10 du décret du 17 mars 1967 : ta demande doit parvenir au syndic avant l'expiration du délai dont il dispose pour envoyer les convocations. Or, ce délai de convocation est de 21 jours minimum avant l'assemblée, et c'est un délai d'ordre public. Autrement dit, intouchable.

En pratique, ça veut dire quoi ? Si l'assemblée est fixée au 30 juin, le syndic doit avoir envoyé les convocations au plus tard le 9 juin. Ta demande d'inscription doit donc lui parvenir avant cette date pour figurer dans la prochaine AG.

Trop tard ? Pas de panique. L'article 10 prévoit que ta question est automatiquement reportée à l'assemblée suivante.

La règle d'or du timing

Envoie ta demande le plus tôt possible après la clôture de la précédente AG. Plus tu anticipes, plus tu es certain d'être dans les délais, quelle que soit la date retenue pour la prochaine assemblée.

La forme requise : lettre recommandée, projet de résolution rédigé, pièces justificatives

Ta demande doit arriver dans les formes, pas juste dans les délais. Le fond compte autant que le timing.

Concrètement, l'article 10 du décret du 17 mars 1967 impose que ta demande soit envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception au syndic. Un email, un SMS ou un courrier simple ? Ça ne compte pas. Le recommandé, c'est non négociable, et c'est aussi ta preuve en cas de litige.

Mais ce n'est pas tout. Tu dois joindre :

  • Un projet de résolution rédigé : pas une vague idée, une formulation concrète et votable. Le syndic n'a pas à rédiger à ta place.
  • Les pièces justificatives si ta question les nécessite (devis, rapport technique, courrier d'un prestataire...).

Sans projet de résolution, le syndic peut légitimement écarter ta demande, même si elle arrive dans les délais. C'est souvent là que ça coince. Prends le temps de formuler ta résolution clairement, comme si elle allait directement au vote.

L'erreur la plus fréquente

Envoyer une demande dans les délais mais sans projet de résolution rédigé. Le syndic est alors en droit de l'écarter, même si ta question est parfaitement fondée sur le fond. La formulation concrète et votable est obligatoire.

Demande tardive : pourquoi le syndic peut refuser sans engager sa responsabilité

Depuis la modification de l'article 10 du décret du 17 mars 1967 par le décret du 27 mai 2004, la règle est sans ambiguïté : une demande reçue trop tard n'a pas à être inscrite. Et dans ce cas, le syndic n'engage pas sa responsabilité. C'est l'un des rares refus légitimes qu'il peut opposer sans risque.

Concrètement, si ta demande arrive après le délai réglementaire avant l'envoi de la convocation, le syndic est en droit de l'écarter, même si ta question est parfaitement fondée sur le fond.

Tardif ne veut pas dire perdu

Une demande hors délai pour cette assemblée peut tout à fait être soumise pour la prochaine. Tu peux aussi demander la convocation d'une assemblée générale extraordinaire si l'urgence le justifie. Le refus pour tardiveté ne clôt pas définitivement le débat.

Ce qu'il faut retenir : le délai protège l'organisation de l'assemblée, pas le syndic. Si ta demande est dans les temps et dans les formes, il ne peut plus se cacher derrière l'agenda.

Pourquoi ta question peut ne pas figurer à l'ordre du jour

Parfois, c'est pas le syndic qui bloque - c'est toi qui as raté une étape. Avant de crier au refus abusif, checke ces quatre cas classiques.

Les 4 causes classiques d'absence à l'ordre du jour

Délai non respecté, demande incomplète, question déjà inscrite autrement, ou refus abusif : dans les trois premiers cas, la responsabilité est souvent du côté du copropriétaire. Seul le quatrième cas engage la responsabilité du syndic.

Non-respect du délai de transmission par le copropriétaire

C'est la cause numéro un. Tu envoies ta demande trop près de l'assemblée, le syndic la reçoit hors délai, et il n'a aucune obligation de l'inscrire. Pas de mauvaise foi là-dedans : juste la loi. Ta question sera reportée à l'assemblée suivante, et c'est tout ce que tu peux espérer dans ce cas.

Le délai, c'est souvent là que ça coince. Et contrairement à ce qu'on pense, c'est rarement la faute du syndic.

Pour que ta question figure à l'ordre du jour, ta demande doit lui parvenir suffisamment tôt avant l'envoi des convocations, sachant que ces convocations doivent elles-mêmes être notifiées au moins 21 jours avant l'assemblée (délai d'ordre public, article 9 du décret du 17 mars 1967).

En clair : si tu envoies ta demande trop près de la date d'assemblée, le syndic n'a plus le temps matériel de l'intégrer. Et là, il peut légitimement refuser, sans faute de sa part.

Les erreurs classiques :

  • Demande envoyée après le bouclage de l'ordre du jour
  • Lettre recommandée expédiée trop tard, reçue hors délai
  • Confusion entre la date d'envoi et la date de réception

La règle d'or : anticipe. Envoie ta demande dès que tu sais qu'une assemblée approche, pas la semaine d'avant.

Date d'envoi ≠ date de réception

Ce qui compte légalement, c'est la date à laquelle le syndic reçoit ta demande, pas la date à laquelle tu l'as postée. Une lettre recommandée envoyée le dernier jour peut arriver trop tard. Anticipe toujours d'une marge de plusieurs jours.

Demande incomplète ou projet de résolution absent

L'article 10 du décret du 17 mars 1967 est clair : ta demande doit inclure un projet de résolution rédigé. Pas de projet = demande incomplète. Le syndic peut légitimement ne pas donner suite. C'est frustrant, mais évitable : prends le temps de formuler ta résolution proprement avant d'envoyer.

Le délai, c'est un classique. Mais même envoyée à temps, une demande mal ficelée peut finir à la poubelle. Légalement.

Le décret du 17 mars 1967 est clair : le syndic inscrit les projets de résolution à l'ordre du jour, pas de vagues intentions. Si tu lui envoies juste "je voudrais parler des travaux de toiture", c'est insuffisant. Il lui faut un texte rédigé, précis, prêt à être soumis au vote.

Élément Obligatoire ? Détail
Projet de résolution rédigé Oui Formulé comme s'il allait être soumis au vote
Pièces justificatives Selon le cas Devis, rapport, contrat si la résolution les nécessite
Lettre recommandée Oui Support d'envoi exigé pour valider la demande

Bonne nouvelle : le syndic n'a pas le droit de réécrire ton texte. Il le retranscrit à l'identique. Mauvaise nouvelle : s'il manque le projet de résolution, il peut légitimement refuser l'inscription, sans que ça constitue un refus abusif.

Question déjà inscrite sous une autre formulation par le syndic

Ça arrive plus souvent qu'on ne le croit. Le syndic a parfois déjà prévu d'aborder le même sujet, formulé différemment. Dans ce cas, ton point est techniquement couvert, même si la formulation ne te convient pas. Lis bien l'ordre du jour complet avant de conclure à un oubli.

Parfois, ta question est bel et bien à l'ordre du jour, juste formulée différemment. Le syndic a pu la regrouper avec une autre résolution, la reformuler pour la rendre plus précise, ou l'intégrer dans un point plus large.

C'est légal. Aucun texte n'impose au syndic de reprendre mot pour mot ta formulation. Ce qui compte, c'est que le sujet soit couvert et que les copropriétaires puissent se prononcer dessus.

Avant de parler de refus, relis l'ordre du jour attentivement :

  • Ta question est-elle absorbée dans un point plus général ?
  • Une résolution proche couvre-t-elle le même sujet ?
  • Le syndic a-t-il ajouté une note explicative dans la convocation ?

Si le fond est là mais que la formulation te semble trop vague pour permettre un vrai vote, là tu peux réagir, par écrit, avant l'assemblée.

Refus abusif ou de mauvaise foi du syndic : comment le distinguer

C'est là que ça devient sérieux. Si ta demande respecte le délai, la forme et contient un projet de résolution, le syndic n'a aucune raison légale de refuser. Un refus sans justification, un silence, ou une réponse floue : c'est un refus abusif. La distinction est simple : si tu as tout fait dans les règles et que ta question n'apparaît pas, le problème vient de lui, pas de toi.

Délai respecté, dossier complet, question originale... et pourtant le syndic refuse. Là, on entre dans un autre registre.

Un refus abusif, c'est quand le syndic écarte ta demande sans raison valable - ou pire, pour protéger ses propres intérêts. L'exemple le plus parlant ? Tu demandes l'inscription d'un contrat de syndic concurrent à l'ordre du jour. C'est légal, c'est légitime, et c'est exactement le genre de question qu'un syndic peu scrupuleux a tout intérêt à faire disparaître. Ce type de refus peut entraîner la nullité de l'assemblée générale.

Pour distinguer le refus légitime du refus de mauvaise foi, pose-toi ces questions :

  • Le syndic a-t-il motivé son refus par écrit ?
  • La raison invoquée correspond-elle à un motif reconnu (délai, forme, irrecevabilité manifeste) ?
  • Le refus lui profite-t-il directement ?

Sans justification sérieuse, le refus est présumé fautif. Et ça, ça ouvre la voie aux recours.

Refus abusif : conséquence possible sur l'assemblée entière

Un refus de mauvaise foi du syndic, notamment pour écarter une résolution qui le concerne directement, peut entraîner la nullité de l'assemblée générale. Si tu es dans ce cas, documente tout par écrit et consulte un avocat spécialisé en droit de la copropriété avant l'assemblée.

Tes recours face au refus du syndic d'inscrire ta question

Le syndic refuse d'inscrire ta question ? Pas de panique. Tu n'es pas sans armes.

Refus illégal

Le syndic n'a aucun pouvoir discrétionnaire sur l'inscription des questions à l'ordre du jour. Si les conditions de forme sont respectées, son refus est illégal. Point.

Mettre en demeure le syndic par lettre recommandée avant l'assemblée

Première étape avant toute action en justice : mettre le syndic face à ses obligations, noir sur blanc.

Envoie une lettre recommandée avec avis de réception : c'est le moyen le plus sûr de prouver que ta demande a bien été reçue. Pas de formalisme imposé par la loi, mais la LRAR reste ton meilleur allié si ça finit devant un juge.

Dans ta lettre, sois précis :

  • rappelle ta demande initiale (date, question concernée)
  • cite l'article 10 du décret du 17 mars 1967 qui oblige le syndic à inscrire les questions régulièrement transmises
  • fixe un délai de réponse raisonnable (5 à 8 jours)
  • indique clairement que tu te réserves le droit de saisir le tribunal judiciaire en cas de refus persistant

Cette mise en demeure a deux effets : elle force souvent le syndic à revoir sa position, et elle constitue une preuve solide si tu dois aller plus loin.

Pense aussi à alerter le conseil syndical. Il peut faire pression en interne, sans passer par la case tribunal.

Garde une copie de tout. Tu en auras besoin.

Astuce

La mise en demeure en LRAR est souvent suffisante pour débloquer la situation : le syndic préfère généralement éviter un contentieux. C'est ton premier levier, avant toute procédure judiciaire.

Saisir le président du tribunal judiciaire en référé pour forcer l'inscription

La mise en demeure n'a rien changé ? Tu passes à la vitesse supérieure.

Le référé devant le président du tribunal judiciaire, c'est la procédure d'urgence prévue pour forcer le syndic à inscrire ta question avant la tenue de l'assemblée générale. L'objectif : obtenir une ordonnance en quelques jours, pas en quelques mois.

Pour que le juge accepte d'intervenir, deux conditions :

  • L'urgence : l'assemblée doit être imminente et ta question doit avoir un impact réel sur tes droits
  • Le trouble manifestement illicite : le refus du syndic doit être clairement contraire à la loi du 10 juillet 1965

Le tribunal judiciaire de Nanterre a d'ailleurs statué en référé le 8 juillet 2025 (n° 25/01213) sur ce type de litige, preuve que les juges n'hésitent pas à se saisir du sujet.

Concrètement, tu déposes une assignation en référé. Prévois un avocat : c'est vivement conseillé, même si pas toujours obligatoire.

Agis vite

C'est le recours le plus efficace quand le délai est serré. Mais il faut agir vite : une fois les convocations envoyées, la fenêtre se referme.

Demander la convocation d'une assemblée générale extraordinaire

Le référé n'est pas la seule option. Si l'assemblée générale ordinaire est encore loin et que ta question est urgente, tu peux exiger la convocation d'une assemblée générale extraordinaire.

C'est un droit prévu par la loi du 10 juillet 1965 : un ou plusieurs copropriétaires, ou le conseil syndical, peuvent notifier au syndic les questions à inscrire à l'ordre du jour à tout moment. Le syndic est alors tenu de les intégrer à la prochaine assemblée, ou à la suivante si les délais légaux ne permettent pas de le faire à temps.

Concrètement, le syndic doit respecter un délai de convocation de 21 jours minimum. C'est un délai d'ordre public : le non-respect entraîne la nullité de l'assemblée entière. Donc si ta demande arrive trop tard pour la prochaine AG, elle passe automatiquement à l'assemblée suivante.

Ce recours est particulièrement utile pour :

  • des travaux urgents de sécurité
  • un problème récurrent non traité
  • une décision qui ne peut pas attendre l'AG annuelle

Condition de seuil

Cette possibilité existe dès lors qu'un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un quart des voix le demandent (article 8 du décret du 17 mars 1967). Plus long que le référé, mais utile si le refus du syndic est systématique ou si l'enjeu est important.

Poser la question en séance : ce qui est possible et ce qui est interdit

Mauvaise nouvelle : en principe, non. Une question absente de l'ordre du jour ne peut pas être votée en séance. C'est la règle de base posée par la loi du 10 juillet 1965 : les copropriétaires doivent pouvoir se préparer à voter en connaissance de cause.

Mais il existe deux nuances importantes.

L'exception des questions urgentes soulevées en cours d'assemblée

Il existe une exception, mais elle est étroite. Pendant l'assemblée, les copropriétaires peuvent soulever une question non prévue si elle présente un caractère d'urgence réelle et imprévisible - une fuite active, un équipement dangereux, une décision qui ne peut pas attendre.

Dans ce cas, le président de séance apprécie souverainement si la situation justifie un vote immédiat. Aucun texte ne liste les cas précis : c'est du cas par cas.

Attention : "urgent" ne veut pas dire "important". Une question que tu aurais pu anticiper et transmettre dans les délais ne passe pas ce filtre. Le syndic ou les copropriétaires présents peuvent s'y opposer, et ils auront probablement raison.

La mention au procès-verbal des questions non inscrites

Même si le vote est impossible, tu n'es pas totalement sans recours en séance. Tu peux demander que ta question soit consignée dans le procès-verbal de l'assemblée.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Le secrétaire de séance note que tu as souhaité inscrire telle question, que le syndic a refusé, et que tu maintiens ta demande. Cette trace écrite est précieuse : elle documente le refus et constitue un point de départ solide si tu décides ensuite de contester ou de mettre en demeure le syndic.

Ça ne remplace pas une vraie inscription à l'ordre du jour, mais ça prouve que tu as agi. Et en cas de litige, les tribunaux regardent ce genre de détail.

Bon à savoir

Tu peux demander que ta question non inscrite soit mentionnée au procès-verbal. Ça ne force pas le vote, mais ça crée une trace écrite utile pour un recours ultérieur. Le secrétaire de séance ne peut pas te refuser ça.

Le syndic bloque ta demande ? Passe à l'action.

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Conséquences du refus abusif du syndic et responsabilités engagées

Un refus abusif, ça ne reste pas sans conséquences. Le syndic qui bloque une inscription à l'ordre du jour sans motif valable s'expose à plusieurs risques bien réels, et les tribunaux ne sont pas tendres sur le sujet.

Conséquence Qui est concerné Base légale
Nullité des décisions liées à la question omise Syndicat des copropriétaires Art. 42 loi du 10 juillet 1965
Responsabilité civile du syndic Syndic professionnel ou bénévole Art. 1240 Code civil
Dommages-intérêts pour préjudice subi Copropriétaire lésé Jurisprudence constante
Révocation du syndic en assemblée Syndicat des copropriétaires Art. 18 loi du 10 juillet 1965
Condamnation aux frais de procédure Syndic fautif Art. 700 Code de procédure civile

Nullité des décisions prises en l'absence d'une question obligatoire

Si une question devait obligatoirement figurer à l'ordre du jour et qu'elle en a été exclue, toutes les décisions prises en lien avec cette omission peuvent être annulées. Le délai pour agir : deux mois à compter de la notification du procès-verbal, conformément à l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Passé ce délai, la nullité n'est plus invocable. D'où l'importance de réagir vite.

Délai impératif : 2 mois pour agir

Une fois le procès-verbal notifié, tu disposes de deux mois pour contester les décisions liées à une omission abusive. Passé ce délai, même un refus clairement illégal ne pourra plus être invoqué devant les tribunaux.

Quand le syndic refuse d'inscrire une question obligatoire à l'ordre du jour, les décisions prises lors de cette assemblée peuvent être frappées de nullité. C'est l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965 qui pose ce principe : toute décision adoptée en violation des règles légales est susceptible d'annulation.

Concrètement, si une question devait figurer à l'ordre du jour (parce qu'un copropriétaire l'avait demandée dans les règles) et que le syndic l'a écartée sans motif valable, les résolutions votées lors de cette même assemblée peuvent être contestées. Pas toutes forcément, mais celles qui sont liées à l'omission ou qui n'auraient pas pu être adoptées si la question avait été débattue.

Le délai pour agir ? Deux mois à compter de la notification du procès-verbal, conformément à l'article 42 alinéa 2. Passé ce délai, c'est terminé, même si le refus était clairement abusif.

Responsabilité civile du syndic pour refus fautif d'inscription

Le syndic a une obligation de moyens envers les copropriétaires. Un refus d'inscrire une question sans motif légitime constitue une faute contractuelle. Si tu peux démontrer un préjudice direct (travaux retardés, décision bloquée, perte financière), tu peux obtenir des dommages-intérêts. La demande se fait devant le tribunal judiciaire, et le syndic peut aussi être révoqué lors de la prochaine assemblée.

Au-delà de la nullité des décisions, le syndic engage sa responsabilité civile personnelle quand son refus d'inscription est fautif. Concrètement, il peut être condamné à indemniser les copropriétaires lésés pour le préjudice subi.

La faute est caractérisée dès lors que :

  • le refus est injustifié ou de mauvaise foi
  • le syndic n'a pas respecté le délai légal de convocation de 21 jours (article 9 du décret du 17 mars 1967)
  • il a délibérément ignoré une demande régulièrement formulée

Le préjudice indemnisable peut inclure les frais de procédure, les honoraires d'avocat, mais aussi le coût des décisions prises en l'absence de la question écartée.

Syndic visé, pas le syndicat

C'est le syndic personnellement qui est mis en cause, pas le syndicat des copropriétaires. En cas de condamnation, c'est lui ou son assurance professionnelle obligatoire qui indemnise les copropriétaires lésés.

Jurisprudence : ce que les tribunaux ont retenu contre les syndics défaillants

Les tribunaux ont régulièrement sanctionné les syndics qui refusaient d'inscrire des questions sans justification. Dans plusieurs arrêts, la Cour de cassation a confirmé que le refus abusif engage la responsabilité personnelle du syndic, indépendamment de celle du syndicat. Concrètement : un syndic qui ignore délibérément une demande régulière d'un copropriétaire ou du conseil syndical prend un risque juridique et financier bien réel.

Les tribunaux ont eu l'occasion de trancher sur des cas concrets de syndics qui bloquaient des inscriptions sans raison valable. Voici ce que la jurisprudence retient :

  • Cour d'appel de Paris, 2018 : un syndic qui avait refusé d'inscrire une question relative au remplacement d'un prestataire a été condamné à indemniser le syndicat des copropriétaires pour le préjudice subi. Le refus était jugé purement discrétionnaire, donc fautif.

  • Cour de cassation, 3e chambre civile : elle rappelle régulièrement que le syndic n'a pas de pouvoir d'appréciation sur l'opportunité d'une question régulièrement soumise. Dès que les conditions de forme sont respectées, l'inscription s'impose.

  • Tribunaux judiciaires en référé : plusieurs décisions ont ordonné en urgence l'inscription forcée d'une question à l'ordre du jour, avant même la tenue de l'assemblée.

La tendance est claire : les juges protègent le droit des copropriétaires à faire inscrire leurs questions, et sanctionnent les syndics qui jouent la montre ou l'obstruction.

Pense au référé en urgence

Si l'assemblée est imminente et que le syndic refuse toujours d'inscrire ta question, le référé devant le tribunal judiciaire permet d'obtenir une inscription forcée avant la tenue de la réunion. Plusieurs décisions ont déjà été rendues en ce sens.

Questions fréquentes sur le refus d'inscription à l'ordre du jour

Quelques dernières questions qui reviennent souvent. On y répond sans détour.

Le syndic peut-il refuser une question complémentaire demandée par un copropriétaire ?

Non, pas sans raison valable. En principe, le syndic est tenu d'inscrire toute question complémentaire transmise par un copropriétaire : c'est une obligation, pas une option.

Mais il y a un bémol important : le timing. Si les convocations sont déjà parties quand ta demande arrive, le syndic peut légitimement refuser de modifier l'ordre du jour de la prochaine AG. Dans ce cas, il n'est pas en tort, il ne peut pas rembobiner une convocation déjà envoyée.

Ce qu'il doit faire en revanche : inscrire ta question à l'ordre du jour de l'assemblée suivante, et te le confirmer. Un refus sec, sans explication ni report, c'est là que ça devient fautif.

Retiens la règle simple : demande transmise à temps = inscription obligatoire. Demande tardive = report possible, mais pas enterrement définitif.

Que faire si le syndic ignore ma demande sans répondre ?

Le silence du syndic, c'est une réponse en soi, et pas la bonne. Étape 1 : relance en recommandé. Envoie un second courrier recommandé avec accusé de réception, en rappelant la date de ta demande initiale et en joignant une copie du premier envoi. Tu crées ainsi une trace irréfutable. Étape 2 : mobilise le conseil syndical. Si ta copropriété en dispose, c'est le moment de l'activer. En tant qu'organe de contrôle du syndic, il peut exiger l'inscription du point à l'ordre du jour. Son intervention pèse souvent plus vite qu'une démarche solo. Étape 3 : saisie en référé. Si le silence persiste, tu peux saisir le président du tribunal judiciaire en référé pour forcer l'inscription avant l'assemblée. Un syndic qui ignore une demande régulière engage sa responsabilité, et les tribunaux ne sont pas tendres avec ça.

Une question non inscrite peut-elle être votée lors de l'assemblée générale ?

Non. C'est la règle de base en copropriété : on ne vote que ce qui est inscrit à l'ordre du jour. Une question absente de la convocation ne peut pas faire l'objet d'un vote valable en séance, même si tous les copropriétaires présents sont d'accord. Voter quand même ? La décision serait nulle et attaquable devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois suivant la notification du procès-verbal (article 42 de la loi du 10 juillet 1965). Il existe une tolérance très limitée pour les questions urgentes soulevées en séance, mais ça reste l'exception, pas la règle, et ça ne couvre pas n'importe quel sujet. La seule vraie solution si ta question a été refusée : demander la convocation d'une assemblée générale extraordinaire pour l'inscrire proprement.

Quel délai ai-je pour contester une assemblée générale après un refus abusif ?

Tu as 2 mois pour agir. C'est le délai légal prévu à l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965 pour contester une assemblée générale de copropriété devant le tribunal judiciaire. Ce délai part du lendemain de la notification du procès-verbal aux copropriétaires opposants ou défaillants. Pas de la date de l'assemblée, de la réception du PV. Si tu n'étais pas présent ni représenté à l'AG, le délai court à partir de la notification du procès-verbal. Si tu étais présent et que tu as voté contre ou émis des réserves, le délai court dès la tenue de l'assemblée. Passé ces 2 mois, la décision devient définitive, même si le refus d'inscription était clairement abusif. Donc ne traîne pas. Dès que tu reçois le PV, note la date et consulte rapidement un avocat spécialisé en droit de la copropriété si tu envisages une action.

Délai impératif : 2 mois

Le délai pour contester une assemblée générale est de 2 mois à compter de la notification du procès-verbal. Passé ce cap, la contestation est irrecevable, même si le refus d'inscription était clairement abusif. Dès réception du PV, note la date et consulte un avocat sans attendre.

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